Bienvenue dans un monde d'écriture

Civisme

C’était son vingtième anniversaire. Enfin, comme tous les autres, il était vraiment un citoyen de New Heaven, jouissant pleinement de tous ses devoirs civiques. Un cap important à franchir pour chaque habitant de ce nouveau paradis, qui recevait un objet bien spécifique symbolisant à la fois ce passage et les responsabilités qui lui incombaient désormais. C’est ainsi que Wayne se vit remettre, en ce jour si spécial, le CRS, Code de Responsabilité Sociale. Comme l’indiquait son nom, le CRS contenait tous les codes gérant la vie sociale et civile à New Heaven. Ce minuscule ordinateur, qui se connectait directement aux systèmes sanguin et nerveux de son propriétaire grâce à de fines aiguilles, se chargeait de rappeler à l’ordre les citoyens qui les oublieraient. Quant à ceux qui refusaient de rentrer dans le droit chemin, un sort spécial leur était réservé… L’Oubli.
Les réfractaires disparaissaient, sans laisser de traces, leurs proches perdaient tout souvenir de leur existence, et tout objet pouvant la rappeler était banni avec eux. Dans les cas les plus extrêmes, quand c’était possible, la maison entière était vidée, prête à être vendue, entièrement nue. Nul ne savait ce qu’était exactement l’Oubli, ni ce qu’on y subissait, et encore moins où c’était. Le seul moyen de savoir était d’y être envoyé, et personne n’en avait l’intention. Sa seule mention dans les règlements du CRS faisait peur aux habitants.

Le lendemain, Wayne allait régler les derniers détails de sa nouvelle citoyenneté.
Les fonctionnaires remplissaient des dossiers un à un, tels des robots cantonnés à une seule et même tâche, vissés à leurs fauteuils devant leurs ordinateurs. Quelques-uns accueillaient les nouveaux citoyens dans leur bureau. Ce fut rapidement le tour de Wayne.
Le bureau était simple, voire spartiate. Des murs blancs sans fenêtre, un bureau au centre de la pièce sur lequel trônait un ordinateur dernier cri avec tous les périphériques intégrés. Quiconque entrait dans un de ces bureaux s’attendait à passer un interrogatoire musclé plutôt qu’une simple formalité. Le fonctionnaire ne leva pas les yeux une seule fois de son écran et s’adressa à Wayne sans le regarder.

Tous les renseignements possibles et inimaginables furent pris. Nom, âge, sexe, adresse, opinions politiques et religieuses, test de personnalité, antécédents, maladies éventuelles… Même ses empreintes digitales et génétiques furent prises par un scanner hautement performant. Chaque aspect de sa vie était désormais connu et fiché, ce qui permit ensuite de calibrer le CRS et ses réactions aux éventuels manquements. En sortant, Wayne se fit bousculer par un homme pressé, et sa réaction ne se fit pas attendre. « Même pas une excuse ? Va te faire mettre, connard ! » put-on entendre dans la rue. Aussitôt, une décharge électrique parcourut les membres de Wayne et un blâme fut imprimé par le CRS.
Sur le papier était écrit « les injures sont un vecteur de haine et sont interdites ». Au moins Wayne avait-il pu se rendre compte rapidement du mode de fonctionnement du CRS et de son caractère dissuasif.
Il ignorait seulement que tout était transmis en temps réel aux Gardiens de l’Ordre, les autorités de New Heaven, qui se tenaient prêts à intervenir au cas où quelqu’un violerait les règles jusqu’à devoir subir l’Oubli.

La journée se passa sans autre incident. Le lendemain, Wayne pensait être tranquille, mais le CRS lui réservait encore des surprises…
En retard à son cours, il se mit à courir en espérant être à l’heure, mais une décharge le stoppa dans sa course après seulement quelques secondes. « Courir en pleine rue est dérangeant pour les gens qui travaillent ou se détendent. Prenez le temps de vivre, courir est interdit ». Plus tard, il enroula son bras autour des épaules d’une amie. La décharge ne tarda pas à arriver pour les deux. « Toute preuve d’affection en public encourage les comportements indécents. » Wayne ne tarda pas à s’énerver et à donner un coup de pied dans le mur. Une fois de plus, la sanction ne se fit pas attendre. « Le vandalisme est interdit, canalisez votre énergie d’une autre façon ».

Wayne décida de ne plus se faire remarquer pour la journée, et attendit d’être chez lui pour analyser le programme du CRS en le liant à son ordinateur. Ce qu’il vit le stupéfia. La liste des codes, règles et autres interdictions était si longue qu’elle faisait passer l’histoire intégrale des Rougon-Macquart pour un texte expédié en deux heures ! Chaque petit élément de la vie était régi, et presque tout était interdit. De la musique en public ? Interdit. Rire dans la rue ? Interdit. Sortir son portable ? Interdit. Les tenues étaient codifiées selon les occasions, tout comme les attitudes à adopter. Et la liste continuait comme ça encore fort longtemps…
Wayne s’aperçut alors que ce nouveau paradis n’était qu’un paradis artificiel de plus, basé sur le mensonge et la dictature, et sentit en lui l’envie de se battre contre le système pour démanteler cela.

Mais les Gardiens de l’Ordre n’étaient pas du même avis…
Entrer dans le système du CRS était la faute la plus grave possible. Une unité entra de force chez Wayne pour le plaquer au sol et lui signifier son arrestation. Devant son crime, une seule sanction était possible, et il était inutile de passer par un tribunal : ce serait l’Oubli !

Deux des Gardiens emmenèrent Wayne, qui put voir les autres commencer l’effacement de tout ce qui le concernait avant qu’on lui bande les yeux. Le trajet s’arrêta loin de New Heaven, au milieu de nulle part, en plein désert, et le bandeau fut retiré. On pouvait voir la ville s’étendre sur l’horizon, illuminée et magnifique. Wayne fut poussé dans un trou et tomba très bas.
À sa grande surprise, il survécut et découvrit un tout autre monde. Un monde coloré, où les règles n’avaient pas cours, vivant et chaleureux. Tous les parias de New Heaven, les esprits libres, se trouvaient enfermés ici. Voici ce qu’était l’Oubli. Une cité souterraine où les Gardiens de l’Ordre laissaient les condamnés exilés livrés à eux-mêmes.

Wayne sentit la colère monter en lui. Tant qu’il était vivant, il pouvait se battre contre tous ces codes abusifs, qui détruisaient la créativité et formataient les esprits. Mais il lui fallait d’abord trouver un moyen de sortir, avant d’attiser une révolte…

25 juillet, 2012 à 19:51 | Commentaires (0) | Permalien


Luc Besson prêt à adapter Valérian

Luc Besson prêt à adapter Valérian dans Adaptations et projets avec auteurs à venir valerian-et-laurelineCertains d’entre vous connaissent sans doute la bande dessinée Valérian, agent spatio-temporel, rebaptisée Valérian et Laureline pour ses 40 ans. Un nouveau nom qui montre également que Laureline a gagné en importance au fil de la série, se hissant finalement au même rang que le héros.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas, il s’agit donc d’une bande dessinée de science-fiction de Pierre Christin (scénario) et Jean-Claude Mézières (dessin), débutée en 1967 dans le défunt journal Pilote, et publiée en albums dès 1970, chez Dargaud. Personnellement, je suis tombé dessus à travers de vieux numéros de Pilote, et j’ai absolument adoré à chaque fois, que ce soit l’ambiance ou le dessin.

Pour vous résumer la base, donc, Valérian et Laureline sont des agents membres du SST, le Service Spatio-Temporel, qui dépend de Galaxity, mégapole terrienne et capitale d’un empire galactique du 28e siècle. Ils voyagent donc, comme leur titre l’indique, à travers le temps et l’espace pour servir les intérêts de Galaxity, avec une règle prioritaire : il leur est interdit de modifier les évènements du passé !

Ainsi, ils n’interviennent pas pour prévenir l’explosion nucléaire de 1986 qui transforme l’aspect et l’organisation de la Terre. Mais c’est l’avenir de Galaxity qu’ils réécrivent en aidant le superintendant du SSTà empêcher ultérieurement ce cataclysme. Hélas, dans cette manipulation temporelle à hauts risques, ils annulent aussi le futur de leur planète. Dans la dernière quadrilogie de la série, Valérian et Laureline partent en quête de la Terre pour lui assurer un nouvel avenir.

Il est difficile d’avoir un tel pouvoir et de ne pas s’en servir, après tout. On retrouvera plusieurs années plus tard le même souci de paradoxe temporel dans la trilogie Retour vers le Futur. Tout comme les différents Star Wars possèdent plusieurs éléments qui peuvent venir rappeler Valérian. Bref, on peut presque considérer la bande dessinée comme le premier élément space opera de la culture geek.

Et donc, si je vous en parle aujourd’hui, c’est parce que Christophe Lambert, le directeur général d’EuropaCorp (non, pas l’acteur, hein), a annoncé que la société de Luc Besson allait produire une adaptation de la bande dessinée, réalisée par Besson lui-même. On se souviendra que Besson a fait ses débuts dans la science-fiction post-apo, avec Le Dernier Combat, un film très expérimental et assez spécial à saisir, mais qu’il nous a surtout offert un monument de grand délire dans le genre avec Le Cinquième Élément. Bon film, mauvais film, nanar volontaire ou non, là n’est pas la question.
Il avait surtout travaillé, sur ce film, avec Mézières, justement, et les deux hommes s’étaient fort bien entendus. Aujourd’hui, ce duo est donc prêt à se reformer pour travailler sur l’adaptation de Valérian.

On peut dire beaucoup de choses sur Besson producteur, mais Besson réalisateur a quand même rarement déçu. Et travailler avec l’un des auteurs devrait assurer un certain respect de l’univers. Alors, une bonne adaptation de BD à venir ? Si ce duo pousse un peu à l’optimisme, il n’y a évidemment pour l’instant rien d’autre côté informations.
Bref, on attend de voir la suite.

Je rappelle juste que la saga a déjà connu les joies de l’adaptation, à travers l’anime Valérian et Laureline.

Valérian par Luc Besson

1 juillet, 2012 à 11:45 | Commentaires (0) | Permalien


Le projet 1984 lancé ?

Le projet 1984 lancé ? dans Adaptations et projets avec auteurs à venir 1984En mars, Shepard Fairey, connu pour avoir créé l’affiche Hope de Barack Obama, a proposé à Imagine et LBI Entertainment une nouvelle adaptation de 1984, la dystopie de George Orwell, dont il serait producteur.

Depuis, les deux sociétés cherchaient un scénariste, et il semble, selon Deadline, que la recherche ait pris fin.
Noah Oppenheim, à qui on a déjà confié le scénario du remake de WarGames, aurait en effet été choisi pour scénariser cette nouvelle adaptation d’Orwell.

En attendant d’avoir plus d’informations, petite piqûre de rappel sur le livre avec un synopsis.

De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d’en face. 

BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de WINSTON… Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C’était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. 

Mais les patrouilles n’avaient pas d’importance.
Seule comptait la Police de la Pensée.

Un remake de 1984 en route ?

19 juin, 2012 à 8:58 | Commentaires (0) | Permalien


Ray Bradbury

Ray Bradbury dans Auteurs raybradburyDate de naissance/décès
22 août 1920 [Waukegan, Illinois] – 6 juin 2012 [Los Angeles, Californie]

Nationalité
Américain

Genre(s) écrit(s)
Science-Fiction

Œuvres notables
Fahrenheit 451
Chroniques Martiennes
L’Homme Illustré

C’est au jour où Vénus passe devant le soleil que Ray Bradbury tire sa révérence, comme pour rejoindre les fabuleux univers de science-fiction qu’il nous a offerts au fil de ses presque 92 années de vie…

C’est dès la fin de ses études, en 1938, que Ray Bradbury commença à écrire. Vivant d’un travail de vendeur de journaux, il publiait régulièrement des nouvelles dans des fanzines, tout en se cultivant sans arrêt à la bibliothèque. Influencé par les héros SF de l’époque, tels Flash Gordon, c’est presque naturellement qu’il se tourna vers ce genre.

Il gagna de l’argent pour un texte pour la première fois en 1941, grâce à une nouvelle envoyée au Super Science Stories, après la recommandation d’un certain Robert Heinlein, qu’il rencontra à la Los Angeles Science Fantasy Society. Il débuta son activité d’écrivain professionnel, à plein temps, dès 1942. Son premier « vrai » livre fut Dark Carnival, une collection de courts récits publiée en 1947 par Arkham House. 1947 fut également l’année de son mariage avec Marguerite McClure, décédée en 2003, et avec laquelle il eut quatre enfants.

Si Bradbury était connu pour être auteur de SF pour laisser un vaste héritage dans le genre, il refusait ouvertement cette étiquette.

« Avant tout, je n’écris pas de science-fiction. J’ai écrit seulement un livre de science-fiction et c’est Fahrenheit 451, basé sur la réalité. La science-fiction est une description de la réalité. Le Fantastique est une description de l’irréel. Donc les Chroniques martiennes ne sont pas de la science-fiction, c’est du fantastique. »

Il obtint son étoile sur le Hollywood Walk of Fame le 1er avril 2002.
Ray Bradbury était un amoureux des médias narratifs, et il était scénariste en plus d’être écrivain. On lui doit par exemple le scénario du Moby Dick de John Huston, d’après le livre de Melville.

Au-delà de tout ça, Bradbury écrivait surtout sur l’Humain, qu’il plaçait au centre de tout, et il craignait les éventuelles dérives dues à la place de plus en plus croissante de la technologie dans nos vies, comme il le rappelait régulièrement en interview.

La littérature vient de perdre l’un de ses auteurs les plus poétiques, qui laisse derrière lui de grandes œuvres.
Reposez en paix, monsieur Bradbury, et essayez de ne pas nous inventer un avenir trop pessimiste en rejoignant Dick, Herbert, et Asimov, d’autres légendes regrettées de la SF.

Sources et bibliographie

6 juin, 2012 à 17:52 | Commentaires (0) | Permalien


Je suis une Légende

Je suis une Légende dans Critiques et chroniques littéraires legendeAuteur
Richard Matheson

Genre
Science-Fiction

Éditeur
Folio SF

Nombre de pages
228

Année de parution
1954 [Parution VO]
1955 [Première édition française]
2001 [Édition Folio SF]

Synopsis
Chaque jour, il doit organiser son existence solitaire dans une cité à l’abandon, vidée de ses habitants par une étrange épidémie.
Un virus incurable qui contraint les hommes à se nourrir de sang et les oblige à fuir les rayons du soleil… Chaque nuit, les vampires le traquent jusqu’aux portes de sa demeure, frêle refuge contre une horde aux visages familiers de ses anciens voisins ou de sa propre femme. Chaque nuit est un cauchemar pour le dernier homme, l’ultime survivant d’une espèce désormais légendaire.

Avis
Et si les vampires n’étaient pas ce qu’on croit ? Et si tout ce qui les entoure n’était que superstition et qu’ils avaient une existence réelle et scientifiquement explicable ? C’est l’une des questions qui agite Robert Neville, dernier Humain « normal » dans une ville infectée par une épidémie qui a transformé tout le monde sauf lui en créature buveuse de sang.
Ce livre est l’histoire de son combat. De ses combats. Pour sa survie comme pour la vérité autour de l’épidémie.

Nous sommes ici dans un véritable huis clos, l’action se déroulant entre la maison de Neville et quelques rues de la ville, bien âpre et tendu, où la sensation d’isolement est parfaitement retranscrite. Matheson utilise les vampires et déconstruit leur mythe (tout en y restant fidèle, ses vampires restent inquiétants… Non, je ne vise personne :P ) pour mieux montrer la lente descente dans la folie et une étude sur le racisme et la haine « ordinaire » chez l’être humain.

Si les vampires restent dans l’ombre, ils se dévoilent lentement de plus en plus, jusqu’à devenir des êtres vivants à part entière, avec leur propre vision de leur vie et de leur condition. Une réflexion sur la différence, son origine, son traitement dans la société, le tout étant fort bien mené dans un style simple et efficace.

À mi-chemin entre le fantastique et la science-fiction, Richard Matheson nous offre une pièce maîtresse de la SF, qui préfigure bon nombre des ouvrages SF plaçant l’Humain et les grandes questions philosophiques au cœur même des intrigues.
Une œuvre juste incontournable, prenante, haletante, que vous ne lâcherez pas avant sa fin qui résume bien l’idée générale. En un mot, à mettre dans toute bonne biblio d’amateur de science-fiction.

5 juin, 2012 à 11:14 | Commentaires (4) | Permalien


Chronos

La Grande Horloge dominait la ville de toute sa hauteur, majestueuse, visible par tous, de même que ses cadrans. L’un d’eux montrait l’heure, mais les autres étaient plus étranges, leurs aiguilles semblaient se déplacer de façon erratique, parfois avançant, parfois reculant… Personne ne comprenait à quoi ils servaient, et ceux qui avaient tenté de le savoir avaient totalement disparu. Les Gardiens du Temps étaient venus les chercher après avoir appris qu’ils posaient des questions au sujet de la Grande Horloge, et les avait emmenés. Puis les familles avaient reçu une lettre disant que la personne emmenée était simplement partie, sans rien, pour repartir à zéro, ailleurs, loin d’eux…

Si personne n’était vraiment dupe au point de se laisser prendre à un mensonge aussi grossier, personne n’osait courir le risque de chercher ce qui était arrivé à tous ces gens. Et, rapidement, le mystère qu’est la Grande Horloge resta dans les esprits, mais jamais la moindre question ne fut plus posée en public. Les archives autorisées n’en disaient pas grand chose, de leur côté. Tout au plus apprenait-on qu’elle avait été bâtie bien des siècles plus tôt par une civilisation aujourd’hui vraisemblablement disparue, et que ses fonctions n’étaient plus connues de personne depuis. On pouvait aussi lire que les Gardiens du Temps ont existé dès la fin de la construction, et qu’on leur a confié comme mission de protéger la Grande Horloge et ses secrets, jusqu’à la fin des temps… La civilisation originelle n’était plus là, mais l’ordre des Gardiens, lui, continuait, et remplissait son devoir par tous les moyens. Si quelqu’un savait ce que cachait la Grande Horloge, c’était eux.
En sortant des archives, les questions se bousculaient dans la tête de Michael. Pour cet ancien policier qui a toujours placé la vérité par-dessus tout, la Grande Horloge ne pouvait rester un mystère insondable, à la seule disposition d’une petite poignée de personnes. Il lui fallait accéder aux secrets des Gardiens, mais les dirigeants étaient bien incapables de l’aider, l’ordre étant indépendant, et frapper à leur porte pour poser des questions s’apparentait surtout à un suicide.

Il lui fallait s’introduire à l’intérieur. L’étude des rondes des Gardiens du Temps finit par lui faire voir une ouverture, un accès par les conduits d’aération, qu’il décida d’exploiter. Après plusieurs minutes difficiles, il sortit enfin du conduit, décidé à savoir tout ce que cachaient la Grande Horloge et ses gardiens. Ce qu’il vit le subjugua. Des formes éthérées et indéfinissables flottaient dans les couloirs de l’horloge, remplis de cristaux qui semblaient faire tourner les cadrans auxquels ils étaient reliés. Certains s’éteignaient, d’autres se rallumaient, créant un kaléidoscope de lumières et de couleurs toujours incompréhensible aux yeux de Michael.

Après quelques secondes de contemplation, il reprit ses esprits et décida de trouver un uniforme. Traversant plusieurs des formes indéfinies, il réussit à aller jusqu’à un vestiaire sans se faire voir, et à enfiler un uniforme des Gardiens du Temps. Son exploration pouvait vraiment débuter. Chaque étage renvoyait le même décor, à des échelles et couleurs différentes. Seuls les deux derniers étaient différents. L’avant-dernier étage était composé des bureaux de l’ordre, où s’entassaient des dossiers sur d’éventuels dissidents. On pouvait aussi observer l’immensité de la ville à travers la baie vitrée qui entourait l’étage. Soudain, un gardien surgit du couloir en face de Michael, qui resta pétrifié. En partie par crainte d’être découvert, mais surtout par ce qu’il voyait.
Le Gardien du Temps ne portait pas son casque, et son visage aurait terrifié n’importe qui. Son orbite gauche était vide et on distinguait l’os autour. Tout son côté droit était ridé, mais le gauche était assez jeune, une partie de ses lèvres avait disparu, et ses cheveux étaient parsemés de quelques mèches blanches… Il semblait à la fois jeune et vieux, vivant et mort, perdu dans les méandres du Temps. Après son passage, Michael reprit ses esprits tant bien que mal avant d’atteindre le dernier étage, celui qui cachait tous les secrets de la Grande Horloge. L’endroit ressemblait à une salle de contrôle, avec des moniteurs partout et des données qui défilaient. Au cœur de la salle principale, un poème.

Gardiens de l’œuvre de Chronos
Observez les ravages du Temps
Veillez sur son bon fonctionnement
Protégez bien ses secrets
Ainsi que la vérité
Et Chronos deviendra un jour Thanatos

Tout s’éclairait pour Michael. La Grande Horloge avait pour but d’égrener les heures qui séparaient chacun de la mort. Chronos était Thanatos, le Temps était la Mort, une mort lente et inarrêtable, et l’arrêt d’un cadran signifiait la mort d’une personne. L’arrêt de l’horloge serait la fin des temps… Les formes éthérées étaient sans doute les âmes de ceux qui étaient encore vivants, qui perdaient de leur éclat à mesure que le cadran avançait, et les Gardiens du Temps étaient prisonniers des limbes temporelles, appartenant à tous les temps à la fois.
La vérité lui était connue, il lui fallait maintenant la raconter, faire comprendre ce qu’était la Grande Horloge. Mais il était trop tard. Les systèmes de sécurité, invisibles et insonores, avaient fait leur office et il était surveillé depuis qu’il avait commencé à gravir les étages dans son uniforme. Les Gardiens du Temps s’emparèrent de lui rapidement, avant de lui faire comprendre que la vérité ne devait pas sortir, et qu’il allait devenir à son tour un des leurs, à jamais lié à la fois au Temps et à la Mort, à Chronos et Thanatos, qui sont liés et une seule entité jusqu’à la fin des temps…

31 janvier, 2012 à 18:37 | Commentaires (0) | Permalien


Le Cycle d’Ender dévoile son casting

Le Cycle d'Ender dévoile son casting dans Adaptations et projets avec auteurs à venir enderSummit Entertainment, déjà à l’origine des adaptations cinéma de Twilight, va cette fois adapter Ender’s Game, de Orson Scott Card.
Cette saga de science-fiction est connue en France sous le simple nom de Cycle d’Ender, dont le tome 1, ce fameux Ender’s Game, est intitulé La Stratégie Ender.

Petit synopsis.

Il y a cinquante ans, la flotte terrienne a réussi â repousser l’attaque des doryphore… Aujourd’hui pourtant, une nouvelle invasion menace. Un programme militaire pour la formation des futurs commandants de la flotte est en cours, mais le temps est compté. Parmi les élèves-officiers – Tous des surdoués, Andrew Wiggin, dit Ender, focalise toutes les attentions. Appelé a devenir un puissant Stratege, il est le jouet des manipulations supérieurs depuis sa naissance… Et cela le dépasse. Car c’est entre ses mains que repose le sort de l’humanité. et Ender n’a que six ans.

Pour faire simple, les enfants sont entraînés dès leur plus jeune âge en vue des combats à venir par la suite, donc.

Côté film, le plus gros du casting est signé et annoncé. On notera que le projet n’a mis que quelques semaines à se finaliser, ce qui est tout de même assez rare.

Donc, on retrouvera Asa Butterfield (vu dans Hugo Cabret, déjà une adaptation) en Ender, Hailee Steinfeld (vue dans True Grit, des frères Coen, encore une adaptation) en jeune recrue, et Sir Ben Kingsley (y a-t-il besoin de le présenter ? :D ) en ancien héros de guerre qu’on croyait mort.
Et, à ce trio, vient s’ajouter Harrison Ford pour diriger le camp d’entraînement.

On notera que ce dernier a hésité un peu, étant donné que le contrat de Summit est un peu contraignant, le signataire s’engageant d’office pour plusieurs films de la franchise. Ce qui se comprend, puisque le Cycle d’Ender compte quatre volumes. Un assez beau casting, reste à voir ce qui en sera tiré :D

Le casting de Ender’s Game

28 décembre, 2011 à 10:47 | Commentaires (0) | Permalien


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