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Dernières infos sur la suite de l’Épée de Vérité

Dernières infos sur la suite de l'Épée de Vérité dans Actu Goodkind_Machine_PresagesJe l’ai déjà dit, le retour de Terry Goodkind avec la suite de L’Épée de Vérité, c’est en mai que ça se fera. Et donc, évidemment, Bragelonne, qui a déjà édité le premier cycle, nous donne les dernières infos.

Pour commencer, vous aurez remarqué la couverture, avec le titre français, à savoir L’Épée de Vérité, tome 12 : La Machine à Présages.
Bon, là, j’imagine que c’est, à l’instar de L’Assassin Royal chez Pygmalion et J’Ai Lu, une façon de ne pas trop perdre le lecteur. Le cycle en question est donc constitué de 13 tomes en VF (on ne va pas reparler du découpage, juste du titre), les 6 premiers constituant le cycle de L’Assassin Royal, et les suivants celui du Prophète Blanc. Les deux cycles utilisant le même univers et les mêmes personnages, avec un certain intervalle temporel entre les tomes 6 et 7, le tout a été réuni sous un seul cycle appelé L’Assassin Royal, avec une numérotation de 1 à 13.

Bragelonne utilise donc ici, pour L’Épée de Vérité, la même idée.
Le cycle principal se termine au tome 11, L’Ombre d’une Inquisitrice, et est complété par une préquelle, un tome 0, Dette d’Os. La Machine à Présages est le tome 1 d’un cycle qui est une suite directe, Goodkind reprenant son univers et ses personnages. Ce qui nous amène donc à cette intégration directe au cycle principal en le présentant comme un tome 12. Une solution assez simple pour souligner le fait qu’il s’agisse d’une suite et des mêmes personnages, même si l’histoire est totalement nouvelle.

C’est bon, c’est imprimé, on évite les confusions en vrac ? Bien, on continue, donc :D

En plus de la couverture, Bragelonne nous donne évidemment la date de sortie et un synopsis.
La Machine à Présages arrive donc le 18 mai, et nous racontera ceci :

Un accident conduit à la découverte d’une mystérieuse machine qui était restait cachée profondément dans le sous-sol depuis un nombre inconnus de millénaire. La machine se réveille et commence à émettre une série de présages alarmants mais mineurs. Ces présages s’avèrent être incroyablement précis et de plus en plus inquiétants. 
Alors que Zedd cherche un moyen de détruire cette sinistre machine, elle délivre un présage cataclysmique impliquant Richard et Kahlan, prévoyant un évènement que personne ne pourrait empêcher. Mais à l’approche de la catastrophe, la machine révèle qu’il est en son pouvoir de retirer la prédiction… en échange d’une demande impossible.

Il ne restera qu’à voir ce que donne cette suite :D

Dernières infos sur la suite de L’Épée de Vérité

13 avril, 2012 à 10:33 | Commentaires (2) | Permalien


5 clichés fantasy à éviter selon Patrick Rothfuss

5 clichés fantasy à éviter selon Patrick Rothfuss dans Actu photoPatrick Rothfuss, auteur de la trilogie Chronique du Tueur de Roi, a été interviewé par le Los Angeles Times au sujet de la fantasy, de ses rapports au genre, etc…

Et on lui a demandé ce qu’étaient, selon lui, les cinq plus gros clichés à éviter en fantasy. Voici donc la petite liste.

1 - Les prophéties. Il ne veut plus jamais entendre parler d’Élu.
2 – La damoiselle en détresse.
3 – Des elfes qui tirent à l’arc et vivent dans les arbres ou des nains avec une hache vivant dans des grottes. C’était bien à l’époque de Tolkien, mais il est temps de passer à autre chose.
4 – Le vampire inquiétant. Et même les vampires en général en ce moment.
5 – Les dragons.

Pour le dernier, c’est à cause de leur utilisation à tort et à travers.

Bon, pourquoi pas, ça se tient… Mais un cliché bien utilisé restera assez efficace, et on peut toujours jouer avec pour surprendre.

Sinon, de mon côté, alors…

Le premier point, c’est bon pour Les Messagers de la Mort, mais La Prophétie des Cinq Tribus… Bah, tout est dans le titre, hein ? :D
Le point numéro 2, je ne fais pas du tout, trop classique et cliché à mon goût, à moins de l’intégrer à quelque chose de plus imposant et que ce sauvetage ne soit pas une fin en soi (Final Fantasy IX est d’ailleurs un très bon exemple).
Le point 3, heu… J’avoue que si j’utilise Elfes et Nains, je ne change pas leur base x) Cela dit, mes Elfes étant devenus des Maj’Karal et des Feör’Karal, bien à part, suis-je dedans ?
Point 4, vampires et fantasy, rares… Mes Norfangs sont donc bannis chez Patrick Rothfuss, on dirait.
Et les dragons en numéro 5… Je voulais en mettre dans La Prophétie des Cinq Tribus et je me suis dit « Naaaan, trop courant et attendu, cherche autre chose ! ». Ouf ! ^^

Alors, vous en pensez quoi ? Et quels seraient vos clichés fantasy rédhibitoires ?

Ce que Patrick Rothfuss ne veut plus voir

Interview complète [Anglais]

31 mars, 2012 à 17:34 | Commentaires (4) | Permalien


Le Trône de Fer, tome 2 Intégrale

Le Trône de Fer, tome 2 Intégrale dans Critiques et chroniques littéraires tronedefer2Auteur
George R.R Martin

Genre
Fantasy

Éditeur
J’Ai Lu

Nombre de pages
954

Année de parution
2009

Synopsis
Au royaume des Sept Couronnes, rien ne va plus. La mort du roi Robert a clos une longue période d’été, de paix et d’apparente prospérité : le Trésor est au bord de la banqueroute, et trop nombreux sont les candidats prétendument légitimes au Trône de Fer : Stannis et Renly Baratheon le disputent à leur neveu Joffrey, tandis que Robb Stark, proclamé roi du Nord, s’efforce de venger son père naguère condamné à mort et exécuté sous couleur de trahison. Au fin fond de l’Orient, l’unique descendante des anciens rois targaryens médite sa revanche en élevant ses trois dragons… L’hiver vient, qui grouille de forces obscures, de mages et de morts-vivants, d’intrigants sournois prêts à tous les maléfices en vue de fins impénétrables.

Avis
Avec ce tome 2, ça y est, la guerre fait rage pour le Trône de Fer. Plusieurs factions se livrent des batailles sans merci, pendant que Daenerys continue de tenter de rallier les terres de Westeros pour se lancer dans la mêlée et récupérer le trône usurpé à Aerys II Targaryen par Robert Baratheon.

Une série d’évènements, de manœuvres politiques, de trahisons et autres retournements de situation, la souffrance qui s’abat sur les personnages, de toute les façons possibles. Bref, George R.R Martin complexifie et étoffe son intrigue, met ses personnages dans de sales situations, nous fait craindre pour eux à chaque page, et on en redemande.
Personne n’est à l’abri de rien, et cela se sent dès les premières pages, où nous faisons connaissance avec les Prêtres Rouges et leur culte particulier.

Et ils ne seront pas les seuls nouveaux éléments.
La saga montre qu’elle est bien de la fantasy avec les premiers éléments magiques et fantastiques qui arrivent et ont une place prépondérante.

On assistera également à l’évolution de plusieurs personnages, notamment Sansa Stark, qui gagne en force morale autant qu’elle perd en illusions et préciosité, dans ce volume, et commence à se révéler vraiment intéressante et possiblement importante dans le jeu des trônes qui se fait plus sombre et violent.

De la politique, de grands moments d’action, notamment LA grande bataille de ce tome pleine de tension et aux enjeux extrêmement importants, des alliances qui se font et se défont, des personnages mieux connus, et les premiers gros éléments fantastiques qui apparaissent.
Le Trône de Fer accroche dès le premier volume, mais vous êtes définitivement pris dans Westeros avec ce deuxième, qui se termine sur une série de cliffhangers et de questions en suspens pour l’avenir des personnages…

On se retrouve plus tard pour le tome 3, donc ;)

29 mars, 2012 à 15:31 | Commentaires (0) | Permalien


La Tour Sombre se redresse chez Warner ?

La Tour Sombre se redresse chez Warner ? dans Adaptations et projets avec auteurs à venir darktowerJe l’ai déjà abordé, l’adaptation cinéma et télévision (le modèle prévu ayant été trois films et une série dont chaque saison se passerait entre deux films) de La Tour Sombre, la grande saga de Stephen King, n’a finalement pas trouvé suite chez Universal, notamment à cause du budget, étant finalement annulée. Mais Ron Howard n’a jamais lâché l’idée de trouver un producteur.

Les dernières rumeurs concernaient la série, qui intéresserait HBO. Rien de confirmé cependant. Aujourd’hui, on va parler des films. En effet, selon Deadline, le projet serait de retour, cette fois chez Warner Bros. Le studio serait en négociation avec Week Road et Imagine pour lancer au moins un film.

Selon leurs sources, on devrait garder Ron Howard à la réalisation et Akiva Goldsman au scénario (le studio aurait déjà racheté son travail et il aurait été payé pour une réécriture), mais Javier Bardem en Roland ne serait plus acquis. Si l’acteur avait en effet été choisi à la base, il faudrait cette fois que son agenda lui permette de participer, la production débutant, toujours selon Deadline, quelque part au premier trimestre 2013.

Aucune annonce officielle de la Warner, il va falloir attendre pour savoir si ceci va se confirmer ou s’infirmer. Quant au modèle choisi pour l’adaptation, les négociations ne portant apparemment que sur un seul film dans l’immédiat, il est bien trop tôt pour savoir si l’idée films + série sera conservée ou si on part vers une saga uniquement cinéma (ou, pourquoi pas, si ça s’infirme, une série télé uniquement ?). En tout cas, si c’est oui et que Javier Bardem n’est pas disponible, pensez à Hugh Jackman, hein, messieurs les producteurs. Je dis ça comme ça…

En tout cas, la Warner s’intéresse à Stephen King, n’oublions pas que Le Fléau est toujours en cours avec eux. Alors, pourquoi pas La Tour Sombre ?

Warner Bros pour adapter La Tour Sombre ?

13 mars, 2012 à 9:31 | Commentaires (2) | Permalien


Le Cœur du Monde, tome 2 : Farlander II : Entre Chien et Loup

Le Cœur du Monde, tome 2 : Farlander II : Entre Chien et Loup dans Critiques et chroniques littéraires farlander2Auteur
Col Buchanan

Genre
Fantasy

Éditeur
Bragelonne

Nombre de pages
474

Année de parution
2012

Synopsis
Toujours accablée par la perte de son fils, la Sainte Matriarche de Mann a donné l’ordre à ses troupes de lancer un assaut maritime sur les ports libres de Mercie.

À la tête de son armée, elle espère enfin achever la conquête de la ville de Bar-Khos, dont les murailles résistent depuis dix longues années. Mais Ash a prévu autre chose pour elle. Le vieux guerrier Rõshun est déterminé à se venger de la Sainte Matriarche pour tous les crimes dont elle s’est rendue coupable. Cependant, de telles représailles sont totalement contraires à tout ce pour quoi il a vécu jusqu’alors, car il ne s’agit plus d’une vendetta Rõshun, mais d’une affaire personnelle.

Pendant qu’Ash est aux prises avec sa conscience, Ché, l’assassin et Diplomate personnel de la Matriarche, se pose lui-même de grandes questions. Devant les massacres commis par l’armée mannienne dans le monde entier, il en vient à se demander s’il a encore la moindre foi dans les doctrines qu’on lui a inculquées.

Tandis que fait rage la bataille pour Bar-Khos, un nombre croissant de vies sont bouleversées. Bahn abandonne tous ceux qu’il aime dans la ville assiégée afin de tenter de la sauver de l’insatiable avidité de l’empire mannien. Auroch, le meurtrier, entrevoit une possibilité de redonner aux choses leur juste équilibre. Et Boucle, la jeune prostituée, est bien déterminée à obtenir vengeance sur le champ de bataille.

Lorsque vient l’heure de l’affrontement entre les deux armées, tout paraît en place pour que le sort soit tranché. Cependant, ce n’est pas de la force que dépendra l’issue du combat, mais de la détermination d’un homme tourmenté en quête de rédemption…

Avis
Avant toute chose, je remercie LivrAddict et Bragelonne pour ce partenariat, sachant que j’avais déjà particulièrement apprécié le premier tome, déjà obtenu de cette façon (par ici pour la chronique de ce tome 1) :D Et, après la fin de ce tome 1, il me tardait de retrouver Ash. Et, disons-le d’entrée, ce tome 2 est un peu plus classique que le précédent, mais n’en est pas moins bon. Au contraire, ça reste prenant et intense.

On entre cette fois en pleine guerre, l’empire de Mann ne cessant de s’étendre, avec à sa tête la Sainte Matriarche qui réclame vengeance pour son fils. On rajoute là-dessus la vengeance de Ash pour Nico et les doutes de Ché, le Diplomate entraperçu dans le tome 1, sans oublier les ambitions personnelles, et voilà comment on obtient une poudrière prête à exploser à tout moment. Le tableau ne serait évidemment pas complet sans le retour, aussi, de Bahn, qui gagne en développement comme Ché, et par toute une galerie de nouveaux personnages bien ciselés et définis.
Si le premier tome se concentre sur Ash et Nico, celui-ci multiplie les points de vue et offre une vraie vue d’ensemble de la guerre qui déchire les terres, avec beaucoup d’action.

L’action, donc, est là et bien là, surtout sur la fin, mais les personnages s’offrent un développement maîtrisé, entre les doutes de Ché sur sa mission, les craintes de Bahn, et les flashbacks de Ash qui nous expliquent le personnage. Bref, une intrigue maîtrisée, où les personnages ont la part belle, et où la guerre est bien relatée, avec plusieurs coups de théâtre assez bien amenés, et un final qui laisse envisager une suite absolument explosive.

En très rapide, si vous avez aimé le premier tome, vous aimerez tout autant cette deuxième partie, même si les situations exploitées sont plus classiques et le récit un peu plus éclaté (la faute aux multiples points de vue, mais ça reste fluide), tant le tout est maîtrisé et les personnages sont intéressants.
On regrettera juste que Col Buchanan exagère un peu sur le vocabulaire fantasy original, cette fois, tant certains mots sont juste là pour remplacer des mots existants, sans plus d’intérêt (laq pour mètre, ou zel pour cheval, par exemple). La preuve en étant qu’ils ne sont pas expliqués une seule fois. Mais à part ça, pas grand chose à signaler.

8 mars, 2012 à 13:57 | Commentaires (0) | Permalien


Les Messagers de la Mort, tome 1, chapitre 1 : Darn’Kaig [Contenu définitif]

Bien, la dernière version en date du chapitre 1, que je pense cette fois définitive côté fond et contenu. Côté forme, ce n’est pas le cas, mais ça sera revu plus tard, je me concentre sur mon premier jet ;)

Allez, hop :D

Et ne me demandez pas pourquoi la police change en plein milieu, je ne le sais pas moi-même, et je n’arrive pas à régler ça…

———————————-

Le soleil se levait lentement sur l’ancienne forteresse de Darn’Kaig. Le ciel chargé de nuages ne s’illuminait presque pas, comme un prélude à la bataille qui allait se dérouler dans cette ancienne avant-garde. Malgré les assauts du temps, la forteresse se dressait encore fièrement aux abords du fleuve Brinwen, telle un glorieux symbole du passé. Les murailles recouvertes de mousse témoignaient de la vie qui avait lentement disparu de l’avant-garde par le passé. Les restes de la tour centrale s’élevaient dans le ciel, au cœur de l’imposant bâtiment, surplombant les terres environnantes. Le vent semblait porter la mémoire des Maj’Karal morts au combat à travers les âges, durant les guerres contres les Orcs venus du Sud et les impitoyables Ragnirs,à une période où l’Humain ne foulait pas encore les plaines du Kenlödeor.

À l’intérieur, l’heure était aux préparatifs du combat et à la nervosité. Humains et Maj’Karal cohabitaient tant bien que mal, s’accommodant autant que possible des tensions entre les deux races. Les Maj’Karal n’ont jamais oublié ni pardonné que leurs terres du Kenlödeor ont été colonisées par les Humains, parfois dans la violence, tout comme ils n’ont pas pu oublier que leur présence est seule responsable de l’existence des Norfangs et des Feör’Karal, regroupés dans un camp plus à l’est, au-delà de la Brinwen.

Si les Feör’Karal, malgré leur rage et leur violence, n’inquiétaient pas particulièrement l’alliance, n’étant que des mercenaires et proscrits qui avaient renié leur peuple originel, la situation était différente avec les Norfangs. Ceux-ci avaient certes été maudits par les Dieux alors qu’ils étaient encore des Humains, passant d’un statut de criminels vagabonds et forcés au cannibalisme à celui d’une race buveuse de sang, en punition de leurs péchés, et dont les victimes viennent grossir les rangs si elles ont le malheur de survivre à la morsure. La lumière du soleil pouvait les tuer, mais ils avaient appris depuis bien longtemps à protéger toute la surface de leur peau pour pouvoir survivre à l’extérieur en plein jour. À cela, il fallait rajouter la bénédiction de Marfaren, le démon supérieur. À peine les Dieux créèrent-ils les Norfangs qu’il leur offrit l’immortalité en échange de l’ingestion de sang humain. Ce marché avait un prix. En échange d’une vie prolongée, dépassant la durée de vie moyenne humaine qui restait la leur normalement, ils devenaient de véritables monstres, sans âme ni remords. Nombreux furent ceux qui cédèrent à cette promesse à travers l’Histoire…

Et ce sont bien tous ces éléments combinés qui faisaient peur à l’alliance. Il ne faisait guère de doutes que, parmi les premiers à avoir accepté et à s’être levés face à la haine que ressentait leurs anciens compatriotes, beaucoup étaient encore présents à Darn’Kaig, prêts à augmenter encore les rangs des Norfangs et à tout faire pour détruire Humains et Maj’Karal…

Une pesante chaleur se faisait sentir, alors que les deux armées se faisaient face dans les plaines méridionales du territoire, à la limite des terres interdites contrôlées par les engeances Orcs. La longue guerre qui déchirait le Kenlödeor depuis tant d’années allait connaître un nouveau chapitre de son histoire.

Dans la forteresse, Humains et Maj’Karal s’affairaient nerveusement. Quelques-uns vérifiaient les réserves de nourriture, en vue des déplacements à venir après la bataille, d’autres s’occupaient de leur équipement. Mais, Humain ou Maj’Karal, chacun ou presque avait la même préoccupation de ne pas trop s’approcher de l’autre race, tant les tensions étaient palpables malgré l’alliance. Une alliance motivée uniquement par une menace commune, et en vérité bien fragile…

Kamal Al’Horgul, lui, marchait nerveusement sur les remparts, jetant de rapides coups d’œil vers le fleuve Brinwen, dont aucune activité ennemie ne semblait agiter les rives. Tous les regards Maj’Karal étaient tournés vers lui, jeune général à la tête des armées humaines, à l’ascension fulgurante. Le mépris se lisait dans chacun des regards, mais Kamal n’en avait que faire. Alors qu’il essuyait la sueur de son visage, un homme s’approcha de lui.

— Nerveux, général ?

Kamal sursauta à ces paroles, offrant une réponse plus éloquente que tous les mots possibles. Ses yeux bruns étaient légèrement cernés, sa chevelure châtain assez embrouillée. Il n’avait pas dormi depuis deux jours, se préparant à un combat qui n’arrivait toujours pas.

— Vous m’avez fait peur, capitaine, dit-il pendait qu’il reprenait son calme. Assez nerveux, oui… Je me demande quand ils vont attaquer…

— Ne vous en faites pas trop, répondit le capitaine en souriant et s’approchant. N’oubliez pas qui sont nos adversaires. Les Feör’Karal n’oseront pas attaquer en pleine journée, en sous-nombre. Le danger éclatera la nuit, à la faveur de la cachette offerte par les ténèbres, quand les Norfangs se mettront en chasse… Allez donc vous reposer pour l’instant.

— Oui, j’en ai bien besoin…

Kamal tourna alors les talons, quand un Maj’Karal le bouscula, avant de le regarder droit dans les yeux. Comme chacun de ses congénères, ce guerrier Maj’Karal était grand, à la silhouette gracieuse, et au teint très clair, presque blanc. Ses yeux n’étaient rien d’autre qu’une masse translucide indéfinissable, d’où rien ne transparaissait. Ses longs bras étaient idéaux pour attraper et bander le grand arc qui se tenait dans son dos.

Le regard du Maj’, comme les appelaient parfois les Humains, se plongea dans celui de Kamal, qui se sentit gêné, voire agressé. Les yeux translucides s’animèrent légèrement dans un soupir poussé par la gracieuse créature, qui se mit ensuite à parler.

— Stupides Humains… Vous ne pensez qu’à combattre, semant la mort, la destruction, et le chaos. Vous êtes les seuls responsables des engeances que nous affrontons. Mais un jour, vous tomberez, sans doute aveuglés par votre propre orgueil, et condamnés à vous autodétruire…

Le Maj’Karal s’éloigna sur ces paroles, non sans bousculer à nouveau Kamal, mais cette fois de façon bien volontaire, le laissant continuer son chemin, contrarié et méprisant envers tout Maj’Karal rencontré. « Si nous n’avions pas besoin de ces sous-hommes pour neutraliser cette menace… Si cette guerre s’achève enfin aujourd’hui, tout va changer. » pensa-t-il. Il s’installa sous une tente, au bas des remparts, puis s’étendit sur une couverture, espérant vite tomber dans les bras de Dräme, celui qui règne sur le sommeil, les rêves, et les cauchemars.

À l’est, dans le camp qui réunissant Feör’Karal et Norfangs, la tension était moins présente. Ces deux races n’avaient aucune raison de ne pas s’entendre, unies qu’elles étaient par la haine des Humains, responsables de leur existence, et qui ne pensaient qu’à les détruire… Et l’heure n’était pas à la nervosité. Bien au contraire, chacun attendait le combat, assoiffé de sang, notamment les Norfangs, désireux d’agrandir leurs rangs. Les quantités de Mayaku qui circulaient dans l’enceinte du camp les maintenaient dans un état frénétique, avides de violence. Le Mayaku, la drogue des tueurs, qui faisait de quiconque l’ingérait une véritable machine de guerre assoiffée de sang et presque impossible à arrêter, tant la frénésie qui s’emparait de lui le rendait quasiment insensible aux coups tant que son effet durait.

Le roi Norfang, Lhanar Galéas, patriarche de la famille depuis la mort de Merwen, était lui-même présent sur place, accompagné de son fidèle garde du corps Jöran, prêt à tout pour prouver la supériorité des Norfangs sur les Humains. Les Feör’Karal, au corps plus sombre que leurs anciens congénères, étaient impressionnés par les Norfangs, qui imposaient le respect par leur seule présence.

Les Norfangs étaient des créatures à la chevelure argentée et aux yeux gris, au teint ocre, pigmentation lentement obtenue par des siècles d’ingestion de sang. Leur silhouette imposante montrait bien la force dont ils pouvait faire preuve, mais Jöran était encore plus impressionnant, malgré le fait que tout son corps soit couvert par des vêtements et bandelettes pour éviter tout contact de la peau avec la lumière du soleil. Le garde du corps du roi Lhanar était en effet plus grand et plus puissant que tous les autres Norfangs, capable de briser des coups d’une seule main. Quant à ses crocs, on les imaginait sans peine déchiqueter voire décapiter tout être vivant qui s’y trouverait emprisonné, là où les autres Norfangs auraient eu bien du mal.

Lhanar et Jöran parcouraient tranquillement le campement, jaugeant les combattants et les effets du Mayaku.

— Il semblerait que nos guerriers soient prêts à semer mort et désolation… Qu’en penses-tu, Jöran ?

— En effet, ces stupides Humains et Maj’Karal ne comprendront pas ce qui leur arrive, répondit le garde du corps.

Le duo termina son tour d’horizon à l’entrée du camp, en vue des berges de la Brinwen, avec un chef Feör’Karal, qui s’adressa à eux.

— Aujourd’hui est une belle journée pour mourir, n’est-ce pas ?

— En effet, répondit Lhanar Galéas. C’est pourquoi vous allez attaquer maintenant. Ils croient que nous allons attendre la nuit. Détrompons-les.

— Une attaque inattendue, et nous les retenons jusqu’au coucher du soleil pour que vous puissiez attaquer sans le moindre risque… Avec l’avantage de la surprise, cela devrait marcher.

Le chef Feör’Karal rentra ensuite dans le camp, faisant passer la consigne de l’assaut imminent, pendant que le roi Norfang maintenait l’ardeur de ses hommes avec de nouvelles doses de Mayaku.

Dans la forteresse, le sommeil avait pris Kamal depuis plusieurs heures quand il fut réveillé en sursaut par le fracas de pierres tombantes. La surprise s’empara de tout le camp, puis chacun courut pour se préparer au combat. Les gardes aux remparts allèrent rendre compte de la situation, tout en restant baissés pour échapper aux tirs des arbalétriers ennemis.

Les Feör’Karal avaient lancé un assaut violent, rapides comme l’éclair. Les catapultes crachaient leurs projectiles sur les remparts, couvrant les arbalétriers et les unités de fantassins qui couraient vers la forteresse, l’une d’entre elles portant un bélier. Kamal regarda le ciel avant d’enfiler son casque et de prendre ses armes. Le soleil n’était toujours pas très visible, mais bien présent. Il en conclut immédiatement que les Norfangs ne faisaient pas partie de l’assaut, du fait du risque qu’ils couraient s’ils venaient à se retrouver privés d’armure ou d’une partie de leurs vêtements. Cela ne faisait que renforcer ses inquiétudes et ses interrogations. Pourquoi attaquer en plein jour, avec seulement la moitié des forces disponibles ? Mais l’heure n’était pas aux questions. Il lui fallait assurer son rôle de général, commander et combattre.

Malgré les archers et arbalétriers humains, aidés des sorciers Maj’Karal, qui ripostaient du haut des remparts dans une pluie de flèches, de carreaux et de sorts, les Feör’Karal réussirent à atteindre les portes de la forteresse, commençant à l’enfoncer à coups de bélier. Kamal, l’épée à la main, la sueur ruisselant sous son casque comme un symptôme de sa nervosité, s’approcha de la barricade humaine qui les gardait.

— Laissez-les entrer ! Cria-t-il à ses hommes d’une voix forte et déterminée.

— Quoi ? Mais, général…

— Faites ce que je vous dis. Soit ils entrent, soit nous allons à leur rencontre. Provoquons le combat, plutôt que de céder à la lâcheté de les retenir.

Les hommes lâchèrent les portes. Humains et Maj’Karal serraient leurs armes, prêts à affronter la marée qui allait déferler. Dans un hurlement, les compagnies de Feör’Karal tombèrent sur leurs adversaires, faisant tonner les épées et les boucliers. Les corps tombaient un à un dans les deux camps. On achevait les blessés au sol, dans des gerbes de sang. Le combat semblait ne jamais devoir finir, tant les vagues d’engeance étaient nombreuses et faisaient penser aux membres repoussants d’une Hydrae, comme dit dans les légendes. Kamal avait son armure et son visage couverts du sang des ennemis qu’il avait abattus. L’épée fichée dans le corps d’un soldat, il prit quelques secondes pour reprendre son souffle, quand un sombre hurlement le figea de surprise et de terreur, comme chacun des membres de l’Alliance. Tous auraient pu reconnaître ce hurlement entre mille. Un rapide coup d’œil au ciel confirma leurs inquiétudes. Le combat avait déjà duré des heures, et le soleil avait fini sa course à travers le ciel, laissant place à la lune, et à l’irrésistible appel de la nuit pour les Norfangs.

Kamal se fraya rapidement un chemin à travers les combats, tranchant des membres à des Feör’Karal et des Norfangs. Autour de lui, les corps tombaient, les hurlements et râles d’agonie se faisaient entendre de plus en plus fort, sorts et carreaux d’arbalète pleuvaient des remparts, autant vers l’intérieur que vers l’extérieur. Kamal essuya un peu le sang de son visage et s’approcha d’un officier en hurlant pour se faire entendre dans le chaos.

— Soldat ! Il faut sortir d’ici ! Prenez quelques hommes avec vous et rejoignez le commandant Kimaro ! Il se bat contre les Crocs d’Argent, à l’ouest, dans les plaines de Fereldan ! Faites en sorte qu’il revienne ici le plus vite possible !

— Oui, général ! Répondit le soldat. Cinq hommes avec moi ! Il faut aller chercher du renfort !

Le commando partit immédiatement, couvert par Kamal, ses hommes, et les Maj’Karal combattant furieusement. Le nombre de Maj’Karal s’était toutefois réduit après que les oiseaux messagers soient revenus, la veille, avec l’annonce du refus du roi Töernen d’envoyer des renforts. Selon lui, la guerre concernait d’abord et avant tout les Humains, seuls responsables de l’existence des Feör’Karal et des Norfangs, et étaient donc seuls à devoir assumer les problèmes qu’ils causaient, malgré les assauts sur les territoires Maj’Karal. C’était uniquement à cause de ces assauts qu’il avait accepté de conclure l’alliance avec les Humains, offrant à son peuple un combat officiel et soutenu, mais dont il se serait volontiers passé. À la réponse, plusieurs soldats préférèrent tenter leur chance à la désertion plutôt que dans un combat désespéré et inutile. C’est ainsi que le combat à Darn’Kaig fut âpre et courageux, mais par trop inégal.

L’espoir s’amenuisait à mesure que les corps chutaient. La fatigue gagnait du terrain, chaque action était lente et lourde. Kamal et les commandants des deux races se préparaient déjà à subir la froide étreinte de la Mort et à se lover dans ses bras. La pâle froideur de la lune ne faisait que renforcer ce sentiment. Mais tout s’arrêta soudainement. Feör’Karal et Norfangs restèrent immobiles, nerveusement aux aguets, mais cessèrent d’attaquer, comme s’ils attendaient quelque chose.

Une silhouette menaçante se détacha alors de la légère brume environnante. Un guerrier Norfang imposant, grand et puissant, avec deux lames entrecroisées dans le dos, se présenta devant le petit groupe de Kamal et des commandants Maj’Karal. Il était suivi de Lhanar Galéas, lequel avait le visage fatigué, ridé, signe de quelqu’un qui a déjà vécu bien longtemps. Même l’immortalité offerte par la consommation de sang humain n’épargnait pas certains ravages du temps. On pouvait voir un sourire narquois se dessiner sur ses lèvres, pendant que ses yeux presque vides semblaient briller d’une nouvelle lueur. Lhanar Galéas voyait déjà une victoire nette et définitive pour son royaume, par la destruction ou l’asservissement des Humains et des Maj’Karal. Le roi Norfang, s’approchant, se mit à parler.

— C’est terminé. Votre petite alliance est tombée. Darn’Kaig restera comme le symbole de l’avènement des Norfangs. Je vous offre toutefois une chance de faire partie de ce monde. Que l’un d’entre vous réussisse à vaincre Jöran, mon garde du corps. Et vous aurez la vie sauve.

Kamal souffla lentement. Même s’il n’était plus vraiment en état de se battre, il voyait là un excellent moyen de gagner du temps en attendant l’arrivée de Kimaro et ses hommes. En espérant toutefois que les Crocs d’Argent, l’élite des Norfangs, n’aient pas décimé leur unité…

Les Crocs d’Argent étaient encore pire que les Norfangs immortels, bien plus monstrueux, car rien ne comptait pour eux à part infliger la mort. Ils constituaient l’élite de l’armée des Norfangs, des fauves assoiffés de sang et dressés à combattre dès leur plus jeune âge, après avoir été sélectionnés parmi les lignées de Sang-Pur. Ceux que l’ont désignait sous ce nom étaient ceux qui naissaient d’ascendance purement Norfang, et non par morsure, qui n’avaient rien d’Humains devenus buveurs de sang. Très tôt, on les arrachait à leurs familles pour leur faire subir un entraînement dur, épuisant, où le châtiment corporel était quotidien, tout en entretenant chez eux une irrépressible haine des Humains. Seul le sang humain leur était autorisé, et on les entraînait tôt à tuer, en les laissant exécuter les prisonniers, de la façon la plus atroce possible. Et c’était face à ces fauves que se trouvaient Kimaro et son unité…

Se raccrochant à l’espoir de la survie de son vieil ami, Kamal se releva, le regard déterminé, l’épée fermement empoignée, prêt à combattre. Jöran sortit ses deux lames courtes des fourreaux dans son dos, se dirigeant droit vers son adversaire, un sifflement morbide entre les crocs. Les membres des deux factions restaient immobiles, mais serraient nerveusement leurs armes en essuyant leur transpiration et le sang sur leurs visages. Les épées des duellistes s’entrechoquèrent alors, annonçant un affrontement mortel et tendu.

Jöran poussait Kamal de ses deux lames, lui montrant sa supériorité physique en l’envoyant rouler au sol. Sûr de sa puissance, le guerrier Norfang avança vers son adversaire d’un pas lent, assuré, un sourire sadique aux lèvres. La victoire ne faisait aucun doute à ses yeux, et Lhanar Galéas avait déjà déployé archers et arbalétriers de façon à anéantir tous les restes de l’Alliance, malgré sa promesse. Le combat reprit, avec Kamal encore agenouillé, qui paraît autant qu’il le pouvait les coups portés par le Norfang, malgré la douleur lancinante qui se faisait sentir dans ses bras.

Avec un immense effort, il réussit à libérer une de ses mains pour saisir la dague dans sa botte et l’enfoncer dans la cuisse de Jöran. La lame tourna dans la chair, ouvrant la blessure et faisant échapper un râle de douleur au Norfang. Le sang noir coula sur le flanc du membre, alors que Jöran serrait les dents pour ne pas hurler. Puis il s’avança vers son adversaire en boitillant, le regard plein de haine. Kamal se releva rapidement, fuyant la colère et la puissance de son adversaire, pendant que la nervosité et l’animosité s’élevaient dans les rangs des deux armées.

La mêlée était sur le point de se reformer, quand une immense clameur s’éleva de l’ouest. Les sabots des chevaux se mêlaient aux hurlements des soldats. Chaque être présent dans la forteresse de Darn’Kaig s’immobilisa. Quelle qu’ait été l’allégeance de cette armée, elle allait signer la victoire de celle-ci, la fin de la bataille, et sans nul doute la fin de la guerre, avec la mort ou la capture des chefs ennemis.

L’armée approchait rapidement vers la forteresse, neutralisant Feör’Karal et Norfangs sur le chemin. Kimaro menait ses unités, Maj’Karal comme Humains, au combat, faisant tout pour rejoindre l’unité principale de Kamal et des autres commandants. Lhanar Galéas renvoya son armée au combat, avec toute la volonté d’écraser l’ennemi avant qu’il soit trop tard. Le roi Norfang fit envoyer un homme vers le campement de leur armée pour faire intervenir les effectifs de réserve, mais il ignorait qu’il n’y avait déjà plus rien à faire. Pendant que Kimaro revenait directement sur Darn’Kaig, son lieutenant, Mordothen, était parti droit sur le camp avec une petite unité, tuant chaque soldat et incendiant l’endroit. Des pertes eurent lieu dans les deux camps, mais c’est bien la coalition de Lhanar Galéas qui fut rapidement en grand danger.

Les généraux Norfangs se rendaient ou mouraient un à un. Leur roi, lui, réussit à s’enfuir, accompagné de son garde du corps. Le soleil se leva ensuite sur Darn’Kaig, faisant la lumière sur les événements de la veille. Des corps gisaient par dizaines dans la forteresse et ses environs immédiats, comme un triste témoignage de la bataille passée.

Hommes et Maj’Karal avaient vaincu, les soldats laissaient éclater leur joie et rassemblaient les prisonniers. Les morts furent tous récupérés pour pouvoir profiter des derniers honneurs funéraires. Mais Kamal savait que ce triomphe ne serait qu’une nouvelle fuite en avant si Lhanar Galéas n’était pas poursuivi et, au mieux, capturé… À peine la bataille fut-elle terminée qu’il se rendit sur le territoire des Maj’Karal pour convaincre le roi Töernen d’aller avec lui vers Karn, le fief des Galéas, et de pousser Lhanar Galéas à la reddition ou à la mort. Devant la fin annoncée de cette guerre millénaire, le roi Maj’Karal mit son orgueil de côté et prit la route avec les Humains vers l’ouest. L’exploit de Darn’Kaig l’impressionnait, et, s’il n’y était pas associé, il refusait de ne pas prender activement part aux négociations qui achèveraient tout, craignant d’être alors soumis à ce que décideraient seuls Humains et Norfangs.

Trois jours plus tard, l’armée se présenta devant les portes de Karn, ville juchée sur les falaises de Draösden, dominée par l’imposant château des Galéas. Le siège de la ville ne dura pas plus d’une journée, tant la volonté de combattre était inexistante chez les Norfangs, abattus par l’échec de Darn’Kaig. À la fin de la soirée, alors que le soleil disparaissait derrière l’horizon de l’océan, en bas de la falaise, Lhanar Galéas envoya un héraut à l’Alliance.

— Sa Majesté désire parlementer ! Dit-il. Que le chef des Hommes et celui des Maj’Karal s’avancent !

Après une rapide concertation, Kamal Al’Horgul et Töernen entrèrent dans l’immense bâtisse. La méfiance n’était guère de mise. Le roi Norfang était acculé, au pied du mur, sans autre échappatoire possible que la négociation, d’autant que son armée refusait de combattre, démoralisée. Kamal et Töernen découvrirent une demeure fastueuse, parfaite représentation de la volonté de puissance de Lhanar Galéas. Mais cette image appartenait désormais au passé. Le chef suprême des Norfangs était vaincu, seul, et contraint à la négociation pour survivre, en sachant pertinemment qu’elle ne serait pas à son avantage. Cela d’autant moins qu’il ne serait pas face au roi Horten Ier comme représentant des Humains, mais au jeune général Kamal Al’Horgul. À quatre-vingts ans, Horten Ier le Pieux limitait ses apparitions et passait l’essentiel de son temps à prier dans sa chapelle privée, justifiant encore plus son surnom que dans ses jeunes années. Quant à son pouvoir, il n’était plus guère qu’un souvenir, tant il préférait laisser le soin au Kaltan, conseil composé des plus riches et influents nobles, commerçants et artisans, de gérer toutes les affaires du royaume et de la guerre, conformément aux pouvoirs qui lui avaient été accordés. Ce qui mena à la nomination de Kamal au poste de général et porte-parole du pouvoir royal. Il parlait donc au nom du roi et de tout le royaume, et se montrait bien plus intransigeant et retors que n’importe qui, ce qui faisait de lui quelqu’un qui n’allait pas épargner Lhanar Galéas.

La salle du trône arborait fièrement des portraits des précédents monarques Galéas, parfois immortels et tués pour la succession, parfois non… Lhanar se tenait à la table où les généraux préparaient habituellement leurs stratégies, visiblement abattu, fatigué. Ses rides semblaient s’être encore plus creusées, alors que son regard renvoyait de l’amertume et du vide. Le dos voûté, les mains cachant la partie inférieure de son visage, le monarque ployait sous le poids des années et des événements. Et pourtant, au fond de lui-même, il gardait une petite lueur d’espoir. L’espoir de réussir enfin un jour à vaincre ses ennemis et asseoir la domination des Norfangs, quitte à plier quelques temps pour mieux se relever plus tard. Ce simple mais fol espoir lui permettait de tenir encore malgré la présence des Humains et Maj’Karal à Karn, le poussait à vivre et à refuser d’abdiquer ou se suicider.

Les deux chefs de l’Alliance furent invités d’un signe de main à s’asseoir à la table. L’ambiance était à la fois tendue et calme, chacun redoutant un piège des autres, mais n’y croyant pas vraiment. Le monarque Norfang mit les mains à son front, soupira longuement, et prit la parole.

— Soit. Votre Alliance, contre toute attente, a neutralisé une bonne partie de mes Crocs d’Argent, les mercenaires Feör’Karal que nous avions engagés, et vous êtes aujourd’hui ici, à Karn, au cœur de mon royaume. La guerre s’est terminée à Darn’Kaig… Mais soyez assurés qu’elle reprendra immédiatement, et de façon bien plus violente, si vous osez me tuer et annexer nos terres ! Les Norfangs sont et resteront un royaume à part entière. Si vous refusez ça, vous vous exposerez alors à la haine du peuple et à des combats sans merci, qui ne cesseront que quand vous serez tous morts. Ou convertis. Ce n’est pas une menace. Juste un avertissement dont vous devriez tenir compte.

Le regard de Lhanar Galéas traduisait toute la détermination et la certitude de ses paroles. Même si le roi qu’il était n’était plus soutenu par la totalité de son armée ou par son peuple lassé de cette guerre interminable, aucun d’eux n’accepterait de voir Humains et Maj’Karal se partager le royaume pour l’annexer, l’occuper et le diriger. En cela, il avait raison. Kamal Al’Horgul et Töernen le savaient pertinemment.

Le roi Maj’Karal se leva pour prendre la parole. Sa silhouette fine et haute, malgré son âge vénérable, lisible sur son visage, lui donnait une prestance qui impressionnait n’importe qui. Les rides creusées permettaient à sa cicatrice à la joue, obtenue bien des siècles plus tôt lors des combats contre les Orcs du Sud, de passer assez inaperçue, et sa barbe fournie le rajeunissait de quelques années, malgré sa couleur grisonnante. Sa couronne de mithril, surmontée de deux têtes de Drakes, enserrait son front et contribuait à l’impression de grandeur qu’il donnait, finement bordée d’or.

En se dirigeant vers la fenêtre, Töernen commença à parler.

— Pas une menace… C’est une menace de soulèvement à peine voilée, Galéas ! J’aurais presque envie de répondre à cette bravade par votre arrestation et votre exécution, avant de placer un contrôle militaire total sur cette aberration qu’est votre royaume. Voire même d’en supprimer toute trace d’existence. Mais je ne suis pas Rhaewan le Cruel et cela ne servirait guère qu’à faire couler le sang inutilement. Voici donc ma proposition. Vous restez en place, tout comme ce qui existe déjà. Mais vous vous soumettez à un conseil, composé d’Humains et de Maj’Karal pour les deux tiers, les Norfangs restant en minorité pour le dernier tiers. Et seul ce conseil, en tant que haute autorité du royaume, pourra prendre les décisions politiques et militaires.

En entendant cette proposition, Lhanar Galéas se leva promptement pour se placer devant Töernen, réfrénant sa colère autant que possible. Kamal assistait à la scène sans bouger ni réagir, attendant de placer ses propres conditions.

— N’avez-vous pas compris ce que j’ai dit, Töernen ? Cracha-t-il au visage du souverain Maj’Karal. Ou cherchez-vous à provoquer la colère de mon peuple ? Vous ne m’offrez rien de moins qu’une occupation, sinon militaire, en tout cas politique. Et c’est absolument hors de question.

Alors que les deux souverains se défiaient du regard, Kamal, d’un ton neutre, intervint.

— Il y a d’autres possibilités… Votre royaume reste totalement indépendant pour les questions de politique interne, ainsi que les politiques externes non militaires. En contrepartie, vous acceptez le démantèlement de vos Crocs d’Argent, la création de postes de surveillance humains et Maj’Karal aux frontières, et que chaque question militaire touchant aux autres royaumes se voit gérée en commun avec nous. Évidemment, cela concerne autant le triumvirat que nous formons que les terres extérieures, comme les terres des Orcs ou les territoires des Drahnites.

— Et nous resterions libres ? Demanda le roi Norfang en reprenant lentement son calme et en se rasseyant.

— Oui. À vous de choisir. Sachez que nous n’aurons pas de meilleure offre.

— Les Crocs d’Argent resteront en place. Nous avons besoin de cette unité d’élite.

— Dans ce cas, il vous faudra nous confier le commandement de votre armée et de cette unité. Que préférez-vous ?

Le visage de Lhanar Galéas se décomposa à la seule idée de placer son armée sous un commandement d’Humains et de Maj’Karal. Il n’avait pas le choix et le savait. Il lui fallait accepter ces conditions pour espérer laisser son royaume relativement libre.

Les lèvres pincées, il se tourna vers Kamal.

— Soit. J’accepte vos conditions. Considérez que les Crocs d’Argent appartiennent désormais à l’Histoire… Jöran transmettra l’ordre et aidera à réaffecter les membres.

Le garde du corps du roi Norfang se montra alors, la tête baissée et la main droite sur le cœur, en attitude d’allégeance, après être resté dans l’ombre tout le long de l’entretien, prêt toutefois à intervenir si la situation l’avait exigé. Lhanar Galéas et Kamal se levèrent alors tous deux, puis se serrèrent la main dans un sourire de façade. « Après tout, se disait le maître des Norfangs, rien n’empêche les Crocs d’Argent de vivre et agir désormais dans l’ombre… ». Ce fut ensuite au tour de Töernen de serrer la froide main de Lhanar, scellant définitivement les termes de la reddition.

Quelques semaines plus tard, de hautes tours de guet, remplies d’archers et d’arbalétriers, voire de sorciers, autant Humains que Maj’Karal, se dressaient aux frontières des terres des Norfangs. Le Kenlödeor semblait enfin à nouveau goûter au calme, pour la première fois depuis bien des années, mais nul n’aurait su dire si cela allait durer longtemps…

Les Humains, fidèles à leur volonté de puissance et de conquête, se remirent en tête d’annexer les terres septentrionales, les territoires des Drahnites. Le Kaltan, avec l’approbation de Horten Ier, décida de faire lever une armée pour prendre possession d’au moins une partie de ces terres. Kamal Al’Horgul, suite à ses actions à Darn’Kaig, se vit confier le commandement de l’expédition, où se trouvaient notamment son vieil ami Kimaro et son subordonné, Mordothen.

Quelques semaines après le lancement de la campagne et la conscription qui avait été lancée avec elle, l’armée se réunit aux portes de Terathos, forte de trois cent mille hommes. En voyant cette marée humaine, qui teintait de sombre les rues de la ville, Kamal sentit naître en lui une ambition encore plus forte, sachant qu’une telle armée pourrait facilement la concrétiser, si chacun d’eux le suivait aveuglément. Pour l’heure, il fallait aller vers le froid et le nord, vers les Drahnites.

Kamal remonta toute la colonne pour se placer devant l’armée, aux côtés des deux autres généraux de la campagne, et prononça quelques mots.

— Soldats, ce qui nous attend est dur ! Nous allons affronter le froid et un peuple invaincu depuis qu’il existe. Mais je sais que nous y arriverons, tout comme nous avons tenu tête aux Norfangs et aux Feör’Karal. Pour la gloire des Hommes, nous combattrons et vaincrons !

La clameur d’une ovation s’éleva rapidement dans les rangs à ces paroles, puis l’armée se mit en route, ne sachant pas vraiment ce qui l’attendait dans les terres septentrionales des Drahnites…

6 mars, 2012 à 11:43 | Commentaires (0) | Permalien


Le serment des Messagers

Les Messagers de la Mort vous manquaient ? L’écriture continue, rassurez-vous ;) En attendant, voici le serment que chaque Messager prononce lors de son intronisation. En espérant que vous aimerez :D

Oui, c’est un article court, et alors ? :P

————————-

Que les cieux et les étoiles soient témoins de mon serment. En cette nuit, je jure de veiller et protéger l’Empire. Je vivrai et mourrai par et pour l’honneur impérial. La nuit sera ma demeure, la mort ma maîtresse, la tombe ma seule délivrance. De cet instant, je suis le premier et le dernier rempart, le pouvoir derrière le trône, la main qui châtie les ennemis de l’ordre impérial. Je suis le Messager de la Mort, porteur du trépas, défenseur de l’Empire, et ma mission s’achèvera à mon passage dans l’autre monde.

5 mars, 2012 à 17:49 | Commentaires (2) | Permalien


Une saison 3 pour Legend of the Seeker ?

Une saison 3 pour Legend of the Seeker ? dans Adaptations et projets avec auteurs à venir legend12Comme nous le savons, la série Legend of the Seeker, (librement) adaptée de la saga littéraire L’Épée de Vérité, de Terry Goodkind, n’a connu que deux saisons de 22 épisodes chacune. Côté construction, on avait une intrigue = un épisode, avec toutefois une intrigue fil rouge sur l’ensemble de la saison, qui se résolvait au dernier, avec ensuite une fin ouverte qui annonçait une suite.

Et c’est ainsi qu’on assiste, à la fin du 22e épisode de la saison 2, à la naissance de l’ambition de Darken Rahl de reprendre son pouvoir. Et fin de la série là-dessus, au revoir :D

Bien évidemment, comme toujours en cas d’annulation, ça ne plaît pas à tout le monde (petite pensée émue pour FireFly, là, annulée après une saison, mais que Whedon a tout de même prolongée via les comics puis le film Serenity).
Et donc, depuis l’annulation, les fans ne désarment pas et demandent une saison 3. Aujourd’hui, selon quelqu’un qui aurait été dans l’équipe technique de la série à l’époque, il faudrait faire pression sur le producteur exécutif, Ken Biller.

Il ne fallait pas leur dire deux fois, et ils comptent bien harceler ce pauvre Ken, avec l’appui de Terry Goodkind, qui semble avoir apprécié cette adaptation de son univers.
Ne reste qu’à voir ce que ça donnera. Personnellement, si je ne suis pas dans l’attente absolue d’une saison 3, je ne dirais pas non tout de même, la série se laissait suivre gentiment, sans casser trois pattes à un canard :D

Dans tous les cas, il faudra aussi voir avec le casting. Si ça ne rempile pas, autant éventuellement déjà rebooter la série, ça sera plus intéressant.

La saison 3 de Legend of the Seeker toujours demandée 

28 février, 2012 à 19:04 | Commentaires (80) | Permalien


Les Messagers de la Mort, tome 1, Prologue

Comme promis, je fais un petit prologue pour Les Messagers de la Mort, et je l’offre à la lecture :D
Je vais revoir un peu le chapitre 1, vous aurez cette version revue, et je vous offrirai aussi le chapitre 2. Quant à la suite, extraits choisis uniquement ;)

Bon, on y va ? :D
Les sauts de ligne n’existent pas dans mon fichier Open Office, mais c’est pas plus mal pour lire ici que les passages à la ligne soient devenus des sauts ;)

——————————

Les terres du Kenlödeor étaient ravagées par la guerre, une guerre qui durait depuis plusieurs siècles déjà, au rythme de quelques escarmouches violentes par an, entre les royaumes qui se disputaient les territoires. Ainsi trouvait-on trois grands royaumes, depuis la disparition des Ragnirs, véritables bêtes sauvages dévouées aux démons, et responsables, par le passé, de la chute de Crystälwand. Au nord vivaient les Humains, colonisateurs venus de par-delà l’océan, qui se sont appropriés les territoires septentrionaux au prix d’un exode des Maj’Karal. Et cela ne leur suffisait pas, leurs chefs désirant depuis fort longtemps les froides terres drahnites, encore plus au nord. Les Maj’Karal, quant à eux, avaient à nouveau colonisé les terres orientales, se méfiant des Humains et de leur propension à semer le chaos partout où ils passaient. Ces paisibles créatures de la Nature ne demandaient qu’à vivre en paix sur leurs terres, et c’est ce à quoi ils s’employaient depuis la création de leur nouveau royaume. Mais la corruption humaine créa d’abord les Norfangs, Humains devenus créatures de la nuit, condamnés à boire du sang pour survivre, qui s’établirent en royaume à l’ouest, malgré les chasses dont ils faisaient l’objet, autant de la part des Humains que des Maj’Karal. De plus, le sang humain leur offrait l’immortalité en échange de ce qu’il pouvait encore leur rester d’humanité…

Et il existait, avec ces trois royaumes, une force apatride, une nation sous-jacente qui vivait sur l’ensemble des territoires, à l’écart des villes, dans les forêts et les montagnes. Les Feör’Karal étaient à l’origine des Maj’Karal qui ont choisi de vivre parmi les Humains, qui leur apparaissaient si intrigants. Leur pureté de créatures de la Nature ne demeura pas longtemps intacte face aux colonisateurs, et ainsi naquirent les Feör’Karal, remplis de haine pure à l’égard de ceux qui furent leurs compatriotes dans les anciens temps. Cette haine se dirigea aussi contre les Humains par la suite, et ils conclurent alors une alliance avec les Norfangs pour détruire les deux autres royaumes. C’était le début de la Grande Guerre, qui allait déchirer le Kenlödeor pour les siècles à venir.

Partout sur les terres, la guerre et la mort suivaient les habitants. Le massacre de Beltharn restait dans toutes les mémoires… Beltharn, en plein territoire Norfang, non loin des frontières avec les deux autres royaumes, se croyait alors à l’abri de la guerre, tant la ville était peu développée et ne comptait que des Norfangs qui ne s’attaquaient ni aux Humains, ni aux Maj’Karal. Mais sa proximité avec les frontières en faisaient une cible particulièrement intéressante pour les stratèges des deux royaumes, et la cruauté de la guerre rattrapa rapidement cette petite ville… C’est ainsi que, un siècle plus tôt, le roi humain Rhaewan II le Cruel décida d’exprimer son ambition d’anéantir tous les Norfangs et déchaîna ses troupes sur Beltharn. Les Maj’Karal refusèrent de participer à cette action barbare, mais rien n’aurait pu arrêter la fureur meurtrière du souverain, motivée par sa haine des Norfangs, sous-hommes nés du Mal absolu et meurtriers par nature, selon lui. Cette haine le poussait à détruire tous les Norfangs, sans exception, et cela même s’ils étaient pacifiques comme à Beltharn. La ville servirait d’exemple pour tous les autres.

Les troupes de Rhaewan s’étaient alors massées pendant la nuit autour de la ville, prêtes à frapper au signal du roi. Celui-ci ne tarda pas. Au lever du soleil, Rhaewan II le Cruel lança ses troupes à l’assaut. Par une inhumaine ironie, en vue de faire le plus mal possible aux Norfangs, l’assaut fut mené aux premières lueurs du soleil, le jour où Merwen Galéas, alors roi des Norfangs, fêtait sa trentième année de règne. L’attaque fut violente, menée par des archers qui lançaient des flèches de feu à travers la ville, aidés par des catapultes dont les projectiles fracassaient les murs et enflammaient les rues. Les Norfangs couraient en tous sens, pris entre les feux, la lumière du soleil mortelle pour eux si elle touche directement leur peau, et les soldats qui se jetaient dans la mêlée.

Les troupes se déchaînaient et les cadavres jonchaient les rues, éventrés, égorgés, lancés à travers les flammes qui faisaient de Beltharn un bûcher comme personne n’en avait encore alors jamais vu… Pris d’une frénésie destructrice, insufflée par Rhaewan, les soldats pillaient, frappaient, brûlaient et tranchaient, tels une tempête de flammes et d’acier. Quand les flammes se calmèrent enfin, avec le fracas des lames et des catapultes, une vision d’horreur se dévoila à tous les yeux. Une vision qui suscita toutefois un rire dément de la part du roi Rhaewan… Le résultat du massacre était là, et chacun allait devoir vivre avec cette image dans ses souvenirs pour le reste de sa vie, et quelles qu’en soient les conséquences. Beltharn était devenu un charnier.

Corps carbonisés, mutilés, tranchés s’empilaient dans les rues et les restes de braises. Certains soldats pleuraient en découvrant leur œuvre, d’autres vomissaient. On retrouva Rhaewan II le Cruel juché sur son cheval, devant les portes de la ville, un grand sourire aux lèvres alors qu’il fixait les cadavres empalés sur ce qu’il restait de grilles et de murailles… L’image choqua plusieurs de ses officiers, mais il n’en avait cure. Seule importait pour lui son ambition de génocide des Norfangs. Et c’est à cette fin qu’il fit envoyer à leur souverain, Jotar Galéas, un message vantant son exploit et disant que c’était là le sort qu’il réservait à chaque Norfang à présent qu’il était entré sur leurs terres et ne comptait pas en repartir.

Mais Jotar Galéas n’entendait pas laisser un Humain, quel qu’il fût, massacrer son peuple jusqu’au dernier. Sa fureur fit littéralement trembler les murs du château de Karn, la capitale, et la réponse, en plus d’être claire, fut rapide. La dernière vision du héraut choisi pour porter la missive fut la nuit où brillaient la pleine lune et les astres au-dessus de l’océan, sur les falaises de Draösden. Il y fut décapité, sa tête renvoyée à Rhaewan et son corps laissé à la merci des mers, jeté du haut des roches. De ce jour, le conflit, alors fait de simples escarmouches rapides, était devenu une guerre sans merci, dont plusieurs villes humaines firent les frais. Les Norfangs, aidés des Feör’Karal qui demeuraient leurs alliés indéfectibles, menèrent plusieurs assauts en laissant toujours le même message de sang sur les portes de la ville ou du temple. Souvenez-vous de Beltharn ! Le message était clair, Jotar offrait à Rhaewan ce qu’il avait à offrir, ce qui poussa ce dernier à mettre de côté les dissensions avec les Maj’Karal pour enfin établir une alliance face à la menace commune.. Et le conflit s’enlisa ainsi pour les années à venir, sans vainqueur, sans avantage, ne faisant qu’augmenter les listes des noms de ceux tombés au combat. Rhaewan et Jotar ne tardèrent pas à les étoffer de leurs propres noms, mais leurs successeurs respectifs, Horten Ier le Pieux et Lhanar Galéas, n’étaient pas décidés à enterrer le conflit…

Jusqu’à cette bataille dans laquelle le souverain Norfang engagea toutes ses troupes en vue de détruire une bonne fois pour toutes l’alliance des Humains et des Maj’Karal, un siècle après Beltharn…

 

17 février, 2012 à 13:01 | Commentaires (2) | Permalien


Les Royaumes d’Amalur : Impressions sur la démo

Les Royaumes d'Amalur : Impressions sur la démo dans Adaptations et projets avec auteurs à venir amalurPour ceux qui ne seraient pas au courant, la démo jouable des Royaumes d’Amalur est disponible sur ses trois supports, PC, PS3 et XBox 360 :D Inutile de vous dire que j’ai immédiatement téléchargé et testé cette démo d’un RPG qui m’intriguait et me tentait fortement. Sur PS3, donc, comme l’indique l’image de la jaquette que j’ai placée ici.

Il faut avouer que le trio placé aux commandes du projet a de quoi aiguiser la curiosité.

D’abord, Todd McFarlane, le créateur de Spawn.
Ensuite, Ken Rolston, lead designer de The Elder Scrolls IV : Oblivion.
Et enfin, au scénario, Robert Anthony Salvatore, connu pour ses ouvrages liés à la franchise des Royaumes Oubliés, et plus particulièrement la création du personnage de Drizzt Do’Urden.

Un vrai casting de luxe, côté staff, donc. Mais pour quel résultat, demandez-vous ? C’est pour répondre à cette question que la démo existe :D

Pour synthétiser rapidement… Hé bien, ça vaut le coup d’œil, à l’issue de la démo.
Le jeu développe un univers qui est assez original dans le fond, mais dont la forme fait dans le classique, mais efficace, comme la jouabilité, avec ses deux touches pour les armes (principale/seondaire), une pour l’esquive, et un raccourci vite assimilé pour la magie.

Le scénario développe tout de même quelques idées originales, de son côté.
Les ennemis, les Tuathas, au service du nouveau roi de la Cour d’Hiver des Faes, sont ainsi immortels. Sachant que la guerre dure depuis dix ans, vous conviendrez de la difficulté d’y mettre fin, avec de tels combattants en face…
Quant à vous, cher joueur (ou chère joueuse), vous qui êtes le héros (ou l’héroïne, le jeu laisse le choix du sexe, une convention désormais quand on crée soi-même le personnage :D ), hé bien, au début du jeu, vous êtes mort(e) ! Oui, oui, claqué, ad patres, dans l’autre monde, chez Saint Pierre.

Et c’est pendant le rapport des deux gnomes qui emmènent votre cadavre que vous créez le personnage.
Car, pas de panique, grâce au Puits des Âmes, vous vous réveillez, bien vivant mais amnésique (le prix de la résurrection), sur un tas de cadavres. Il ne vous reste qu’à écrire votre destinée.
Le didacticiel passe tout seul, les combats sont rapides et nerveux, la personnalisation et l’évolution promettent des heures d’exploration et de combat pour faire un personnage comme vous le désirez, et la surface de jeu s’annonce énorme.

On retrouve aussi des idées d’Oblivion, telles que la divinité de départ et la race qui offrent des bonus permanents et différents, armes et armures qui peuvent casser, des documents un peu partout, et l’ambiance générale de fantasy classique avec beaucoup d’exploration.
Seul petit point négatif en combat, la distinction lourd/léger dans les armes et armures n’existe pas. Vous esquivez aussi facilement dans une grosse cuirasse que dans une armure de cuir.

Mais sinon, rien à signaler.

Bref, rien de bien original si ce n’est l’univers développé, et j’attends pas mal du scénario signé Salvatore, mais le tout est superbement efficace et bien fait, et si je devais noter à la seule démo, ce serait un 7/10 sans hésitation, tant ces 45 minutes en totale liberté m’ont convaincu pour l’achat du jeu :D

Au passage, vous débloquerez, avec la démo, une arme et une armure pour Mass Effect 3. De même, dans la démo de Mass Effect 3 à venir le 14 février, vous débloquerez une arme et une armure pour Les Royaumes d’Amalur.

Et vous débloquerez aussi, avec cette démo des Royaumes d’Amalur, une arme, une armure, et une carte pour la version complète de ce jeu, qui est prévu pour le 9 février.

Et qui arrivera donc très vite chez moi ;)

24 janvier, 2012 à 13:27 | Commentaires (0) | Permalien


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