Bienvenue dans un monde d'écriture

Les règles de l’écriture…

Les règles de l'écriture... dans Philo de comptoir et réflexions sur l'écriture reglementAh, les règles de l’écriture… Y en a-t-il vraiment, au moins ? En voilà une bonne question… Bon, ceux d’entre vous qui me connaissent assez le savent, ma philosophie, c’est de briser les règles, déconstruire pour mieux reconstruire et tout changer, s’affranchir des contraintes.

Et je crois que c’est pour ça que j’ai toujours imaginé des histoires en vrac et que je me lance aujourd’hui dans l’écriture… Bref, je vais citer Neil Gaiman.

La règle principale de l’écriture est que si vous le faites avec assez d’assurance et de confiance, vous avez le droit de faire tout ce que vous voulez. (On peut appliquer cette règle à la vie en général, c’est en tout cas vrai pour l’écriture.) Alors écrivez votre histoire telle qu’elle doit être écrite. Écrivez-la avec honnêteté et racontez-la du mieux que vous pouvez. Je ne crois pas qu’il y ait d’autre règle. En tout cas, aucune qui compte réellement.

Et franchement, je ne vois pas quoi rajouter de plus. Il n’y a aucune autre règle. N’essayez pas de copier une recette qui marche, racontez votre histoire, point. C’est la seule chose à faire.

Enfin, non, j’en vois bien deux autres…

Respectez la langue française !
Alors, oui, d’accord, on va me dire que c’est logique, basique, etc, mais vu les tendances actuelles, pas nécessairement. Je ne vous demande pas d’écrire en vieux françois, hein, juste d’écrire quelque chose qui, au minimum, ressemble à la structure sujet/verbe/complément, sans aller dans les phrases alambiquées qui donnent un air intelligent mais sont juste incompréhensibles et démontrent uniquement que vous savez étaler de la confiture comme personne.
Cela dit, le concept du roman SMS est à tenter, mais je n’oserais pas, à votre place. Allez savoir pourquoi…

Respectez votre univers et ses règles !
Ah, là, par contre, ça tombe moins sous le sens, pour certains. Donc, un univers, qu’il soit créé ou notre monde réel, répond à des règles plus ou moins explicites. Physiques, sociales, etc… Des règles qui, donc, ne peuvent être transgressés ou, du moins, ne peuvent l’être sans explication. Quand un auteur décide d’oublier ça pour faire avancer son histoire, c’est juste du travail bâclé. Et on peut vous en citer quelques-uns, comme Masashi Kishimoto et Tite Kubo côté manga…
Donc, si vous décidez que seules les femmes pratiquent la magie dans votre monde, par exemple, et qu’un homme arrive en la maîtrisant, préparez-vous à donner une explication autre que « oui, bon, c’est comme ça, la ferme ! », au risque de vous faire tirer dessus à boulets rouges par vos lecteurs.

Au-delà de ça, il n’y a rien. Rien d’autre que la liberté absolue de faire ce que vous voulez, dans le cadre que vous êtes seul à vous imposer. Donc, on ne copie pas, on respecte son univers, et tout se passe bien ^^

Ou, au plus simple, voici les trois règles que j’ai définies.

Définissez un début.
Définissez une fin.
Remplissez entre les deux.

Bah quoi ? :D

7 février, 2013 à 23:07 | Commentaires (6) | Permalien


Pseudo or not pseudo ?

Pseudo or not pseudo ? dans Philo de comptoir et réflexions sur l'écriture 997f2506C’est suite à une petite série d’articles sur Espaces Comprises que j’ai décidé de me lancer à mon tour sur le sujet. Bon, vous savez déjà que je poste sous mon vrai prénom et, si vous suivez ma page FB, vous avez la réponse : je compte écrire sous mon vrai nom.

La question, c’est donc « Pourquoi? ». Pourquoi ne pas avoir cédé au pseudo, comme King à ses débuts, surtout que c’est l’assurance d’une certaine tranquillité tant que le secret n’est pas éventé…

C’est assez simple ^^ Je ne veux pas porter de masque sur mon nom. Nous portons tous des masques presque en permanence dans notre vie, pour tout et n’importe quoi, et j’ai décidé de lâcher les miens depuis pas mal de temps. Croyez-moi, ça fait du bien et ça libère de pas mal de poids.
Donc, dans cette optique, il était évident que le pseudo n’était pas pour moi ^^ Et puis, avec le nom que j’ai, à défaut d’être retenu, je pense pouvoir marquer à sa seule évocation XD Et puis, un pseudo, c’est un coup à vous retrouver confronté à chaque action quotidienne au pire des monstres jamais engendrés par l’Homme, j’ai nomme les administrations et leur fonctionnement encore pire que tout ce que Kafka, Dali et Ionesco réunis auraient pu imaginer !

Et puis, surtout, il reste le simple argument du travail. Ce que j’écris vient de moi, c’est mon écriture, mes lignes, mon travail, le produit de ma seule imagination. Alors, pourquoi irais-je, d’une certaine façon, le renier avec un autre nom ? Cet avis n’engage que moi, évidemment ^^
Utiliser un pseudo pour des écrits que je ne montrerais pas à tous, par leur forme, leur fond, et/ou leur genre ? Et pourquoi j’irais renier ce qui n’est pas politiquement correct, en me compliquant la vie au passage ? ^^

Pour toutes ces raisons et pour une certaine flemmardise face à ces antres démoniaques que sont les bâtiments administratifs, je refuse l’utilisation d’un pseudo, tout simplement ^^

24 janvier, 2013 à 22:34 | Commentaires (2) | Permalien


Manichéisme

Manichéisme dans Philo de comptoir et réflexions sur l'écriture manicheismeBienvenue dans cette nouvelle catégorie qui se propose, comme celle des citations, de réfléchir sur un peu tout et n’importe quoi, et de théoriser aussi un peu sur l’écriture et la narration. Oui, je sais, en gros, c’est la porte ouverte à un bon gros nawak bordélique. ET ALORS ? :D

Bref, aujourd’hui, on parle du manichéisme. Non, vous n’auriez pas compris avec le titre et l’image. Rappelons une règle essentielle de la communication : On ne prend pas les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu’ils le sont. Non, rangez ces fourches et autres objets piquants/tranchants/contondants, s’il vous plaît !

Bref, il est temps de se lancer dans ce premier cours pas magistral. Du tout. Et de commencer par le commencement. Qu’est-ce donc que le manichéisme ?

Comme nous l’expliquent Wikipédia et l’Encyclopaedia Universalis (ça suffira comme caution de sérieux de l’article Wiki, je pense ^^), c’était d’abord et avant tout une religion. Une religion perse, donc, une secte païenne aux yeux des chrétiens. Ah oui, j’en profite pour rappeler qu’à l’origine, la secte était un rassemblement autour d’une même doctrine qui n’avait rien du christianisme, quelle qu’elle ait été. C’est tout. Aucune notion de gourou ou de saines activités à base de lavage de cerveau et de suicides collectifs. Autant dire que ça ne devait pas être très fun, à l’époque. Bref.

Le manichéisme fut donc fondé au IIIe siècle de notre ère (comprendre après la naissance de JC. Non, pas Jean-Claude) par le prophète Mani. Sa doctrine était fondée sur une dualité permanente. Mais si, vous savez, le Bien et le Mal, la Lumière et les Ténèbres, le noir et le blanc, le salé et le sucré, etc… Donc, concrètement, la réalité se divisait en deux mondes.
Le monde de la Lumière, associé au Bien, royaume de la Vie Divine et de l’Éternité.
Le monde des Ténèbres, associé, au Mal, royaume de la matière, des morts, et de tout ce qui est éphémère.

Ensuite, il y eut bien évidemment la guerre entre les deux, absolument incapables de cohabiter tranquillement sans se cogner dessus de temps en temps. Ce qui n’a rien de surprenant, après tout, c’est le cas de l’Homme. Donc, c’était la guerre, on se tape dessus gaiement la fleur au fusil, et là, le drame : les Ténèbres arrivent aux portes de la Lumière ! Mais bon, la barrière était plus forte que les coffres de Fort Knox, et les Ténèbres échouèrent. Le contact fut toutefois suffisant pour que chacun assimile un peu de l’autre.
Un peu de Lumière, un peu de Ténèbres, on mélange le tout, et PAF ! Ça a fait des Chocapic ! Non, juste l’Homme, en fait, je vous rassure. Ah bah oui, on y revient déjà. D’où la dualité de l’Homme, par essence même, dans le manichéisme. L’être humain est donc double, une partie immortelle appartenant au monde de la Lumière (l’âme. Là, j’interprète) et une partie mortelle appartenant à celui des Ténèbres (le corps, donc).

Et nous allons arrêter là pour l’explication de la doctrine. Pour plus de détails, suivez le lien Wiki ou abonnez-vous à l’Universalis pour avoir les 22 pages d’article détaillées.
Pour les autres, on continue la visite. On saute quelques siècles et on arrive au sens moderne du manichéisme, c’est-à-dire qu’on reste aux seuls fondements expliqués plus haut et qu’il devient un simple nom pour désigner des oppositions formelles sans compromis, comme celles que j’ai citées.

Et c’est là qu’on en arrive à l’écriture. Oui, oui.
Car le manichéisme, bien souvent, c’est la PLAIE de tout auteur ! J’exagère à peine ! D’accord, fut une époque où ça passait tranquillement et il arrive qu’on soit indulgent avec si on réussit à ne pas s’ennuyer devant l’œuvre concernée. Mais sincèrement, le coup du « le grand méchant parce qu’il est méchant et c’est tout, c’est le Mal incarné, et son adversaire est Dieu fait homme, pur et bon jusqu’à la moelle, parce que c’est comme ça »… C’est bon, non ? Je veux dire, c’est un peu l’argument facile et passe-partout, qu’on a essoré dans TOUS les genres au fil des années, et qui ne passe plus.
Ou alors, vous avez oublié la première règle de la communication et vous prenez ouvertement les gens pour des cons. Mais au bout d’un moment, ça ne passe plus.

Donc, le manichéisme, les gentils tout gentils Bisounours contre les vilains méchants pas beaux puants à l’âme toute noire, faites-nous plaisir et évitez. Donnez un mobile à votre méchant. Le fric, le pouvoir, la folie, c’est classique, mais ça marche toujours. Et si vous êtes fou, allez-y pour quelque chose de plus complexe. Mais PITIÉ, plus de méchants nés comme ça sans que personne ne puisse rien faire !
D’accord ? :D

Après tout, la vie est faite de nuances de gris, pas d’oppositions marquées comme celle-là, et un peu de réalisme ne nuit pas.

13 janvier, 2013 à 19:04 | Commentaires (2) | Permalien


Les 10 Commandements de l’Écrivain

La légende raconte qu’il y a fort longtemps, le sage Ecrivanius gravit les marches du mont Inspiraï. Une fois au sommet, il se vit remettre par son dieu, Scribarum, les Tables de la Loi de l’Écriture et les Dix Commandements qui y avaient été gravés. Il les lut ensuite à son peuple des Autoriens, dont l’un d’eux les rapporta comme suit.

I Tu t’acharneras au travail.
II Tu n’attendras pas l’inspiration.
III Tu ne copieras point les autres.
IV Tu te motiveras par des objectifs.
V Tu respecteras tes lecteurs.
VI Tu ne te laisseras influencer par personne.
VII Tu écriras ce qui te plaira.
VIII Tu refuseras formellement tout contrat à compte d’auteur.
IX Tu écriras contre vents et marées malgré les refus.
X Tu n’envieras pas le succès des autres.

Ainsi Ecrivanius et tout son peuple reprirent-ils leur quête de l’Écrit Parfait, noircissant des pages encore et encore, jusqu’à un jour le trouver…

4 janvier, 2013 à 17:46 | Commentaires (6) | Permalien


Et si… ?

Et si on ne choisissait pas l’écriture ? Si c’était l’inverse ? Si elle décidait d’accorder ses faveurs à ceux qui n’ont pas eu la vie facile par le passé, comme si elle décidait de les laisser se cacher derrière elle pour parler enfin ?

Quand on se retrouve par la force des choses observateur de la vie des autres et non acteur de la sienne, on ressent l’appel des mondes imaginaires, puis celui de la création qui arrive très tôt, toujours une activité solitaire, loin des autres.
Certains y répondent de façon épisodique, d’autres se lancent à corps perdu dans une création épique.

Mais au final, derrière chaque auteur, chaque créateur, grand ou petit, doué ou non, disponible en librairie ou non, se cache une histoire, et il livre toujours un peu de lui-même dans ses textes, caché entre les lignes.
Libre à chacun de le chercher ou pas ;) Et de se faire sa vision de la création ^^

28 novembre, 2012 à 19:40 | Commentaires (2) | Permalien


War Never Changes…

Il pleuvait ce jour-là. Ou bien étaient-ce des larmes qui perlaient sur ma joue ? Je ne sais pas, je ne sais plus… Je me souviens seulement de ce que j’ai fait, de ce que j’ai pensé, de comment j’ai hurlé intérieurement. On enterrait un combattant, un ami, un frère, celui qui m’avait sauvé la vie sous les balles de l’ennemi. J’avais envie de leur dire le fond de ma pensée en plus de tout le bien que je pensais de lui, mais je ne pouvais pas. J’étais paralysé. Paralysé par l’idée de bafouer sa mémoire, de bouleverser leur quotidien et l’image qu’ils avaient de nous. Mais ça leur aurait fait du bien, sans aucun doute…

À quoi pensaient-ils, alors que le cercueil descendait ? Il faudrait le leur demander, mais ça devrait osciller entre la tristesse de perdre un proche et la fierté de le voir partir au combat, en héros, et pas en lâche. Je ne peux guère leur en vouloir. Après tout, c’est pour ça qu’on était partis, pour arranger les choses. On pensait libérer un pays, revenir en héros, et reprendre une vie normale comme s’il ne s’était rien passé. Ah, ça, l’armée sait vendre son image pour recruter, entre les salaires, les débouchés, les codes visuels du jeu vidéo… Mais la réalité, elle, a tendance à venir frapper par derrière quand on ne s’y attend plus.

La fleur est vite descendue du fusil, je peux vous le dire. L’Enfer n’est rien à côté de ce qui a pu être vu sur les champs de bataille. Partout, les cadavres poussaient littéralement, la haine et la tristesse se déversaient dans chaque rue, et nous, on faisait ce qu’on pouvait pour limiter les dégâts, alors que tout ça nous corrompait de plus en plus…
Les belles idées de départ ? Lentement oubliées et proprement exécutées quand on a nous a fait comprendre que le pouvoir actuel resterait en place, au mépris de toute loi et de toute humanité… On allait bien vite apprendre que la reddition avait été obtenue en échange de ce maintien, avec l’exploitation du sol en bonus…

Mais dans la rue, ça se battait. Le peuple exigeait la justice, et on ne pouvait pas le lâcher. Alors, on tirait. Tant qu’on n’avait pas pour ordre de se barrer, on tirait. Et c’est comme ça que mon frère d’armes s’est fait descendre…
On pensait se battre pour une cause, on l’a juste fait pour enrichir des marchands d’armes étrangers et des industriels en vrac…

Que va-t-il rester de tout ça ? Un pays en ruines et qui est une poudrière prête à éclater à nouveau, des noms sur des monuments et quelques gerbes de fleurs, des esprits brisés, et du fric par paquet chez les industriels, les seuls à vraiment profiter de ce qui est la nature même de l’être humain, à savoir se foutre sur la gueule, et tant pis pour les causes. Après tout, elles ne sont que des mots qui filent dans l’air, pas des billets qui filent dans les poches…

Un immense gâchis, une paix artificielle, une vaste mascarade… La guerre ne change jamais, et ne change rien. Comme le dit un célèbre personnage, y a pas de héros dans une guerre. Les héros meurent ou finissent en taule. Il avait raison, je l’ai constaté, et on les oublie avec leurs idéaux et leurs causes, les seules raisons de se battre… Si seulement on le faisait autrement qu’au fusil. L’expression des idiots et des suicidaires. Après tout, l’armée n’est pas réputée pour son intelligence…

Connerie d’Humanité.

11 novembre, 2012 à 20:40 | Commentaires (0) | Permalien


Quand R.J Ellory utilise des méthodes de flic ripou…

Quand R.J Ellory utilise des méthodes de flic ripou... dans Actu elloryNous connaissons tous le personnage cliché du flic ripou, en matière de policiers. Salaud de la vieille école, la plupart du temps, il n’hésite pas à escamoter, trafiquer, voire créer de toutes pièces des preuves en tout genre.

Hé bien, c’est à cela qu’a eu recours R.J Ellory dès2008. Oui, les premiers faits datent de quatre ans, mais ils restent un petit séisme et une certaine déception dans le milieu du policier, surtout quand l’auteur appartient à la vénérable Crime Writers Association.

C’est ainsi que, sous des pseudonymes, R.J Ellory allait tranquillement sur Amazon pour porter ses livres au firmament du roman policier avec des critiques particulièrement élogieuses, en taclant au passage les concurrents. Et cette fois, c’est plus récent.

Son dernier commentaire assassin concerne Dark Blood, de Stuart McBride, et n’a en effet pas plus d’un mois.

On notera tout de même que Ellory assume parfaitement les faits.

« Les commentaires récents – à la fois positifs et négatifs – que j’ai postés sur mes comptes Amazon relèvent de mon unique responsabilité »

Faute avouée est à moitié pardonnée, dit-on.
Il n’en demeure pas moins que ce sont des méthodes, non d’écrivain débutant, mais d’écrivaillon (aucun commentaire, je vous prie ^^) sans talent (ou persuadé de ne pas en avoir) et qui se sent donc obligé d’aller tailler la concurrence pour se faire une place. Ce qui rend les faits d’autant plus décevants.

La promotion, la publicité, d’accord, le spam, non, ça ne passe pas.

Mais bon, vu la façon dont nos auteurs se relèvent du plagiat, pour certains, il ne fait guère de doute que le talent et la renommée de Ellory survivront à la vague. Une telle réputation ne sera que très temporairement écornée. D’autant que ces actes, s’ils sont certes décevants, ne sont sans doute pas aussi graves que du plagiat.

3 septembre, 2012 à 14:00 | Commentaires (1) | Permalien


De la responsabilité du créateur envers le public…

De la responsabilité du créateur envers le public... dans Actu Ron_GilbertSi certains parmi vous sont comme moi amateurs de jeux vidéo, ils n’ont pas pu passer à côté de la polémique engendrée par la fin de Mass Effect 3. Pour ceux qui auraient vécu en ermites ou ne s’intéresseraient pas au domaine, je vous fais un rapide rappel des faits.

La fin de Mass Effect 3 est donc une fin de merde. Oui, n’ayons pas peur des mots, c’est tellement perché et hors de propos qu’on se demande ce qui circule comme substance entre les employés, chez BioWare. Pour faire simple, c’est encore pire qu’un mauvais twist de M.Night Shyamalan.

Bon, jusque-là, après tout, tout va encore relativement bien. Ce n’est pas la première fois que des joueurs sont mécontents des choix scénaristiques des développeurs, et ce ne sera sans doute pas la dernière. Et puis, on a l’habitude de râler. Là où l’affaire a pris des proportions incroyables, c’est qu’une nouvelle fin a été littéralement EXIGÉE à BioWare et EA ! Et, chose vraiment incroyable, ils ont cédé !

Enfin, à moitié. Au final, ils n’ont pas changé la fin et l’ont seulement enrichie. Mais la polémique était née. Le public a-t-il sa place dans le processus créatif ? Le créateur a-t-il une responsabilité envers lui ? Ron Gilbert, créateur entre autres de la mythique série des Monkey Island, s’est exprimé tout récemment sur le sujet. Et si je vous parle de tout ça ici, c’est parce que la question peut s’étendre à tout processus créatif, notamment, donc, l’écriture, d’autant plus qu’un scénario est un exercice d’écriture.

Bref, voici donc les propos traduits de Ron Gilbert.

Quelles responsabilités pensez-vous avoir vis-à-vis de votre public, lorsque vous faites un jeu ?

Quiconque est le créateur de quelque chose vous dira qu’il ne faut pas avoir de responsabilité envers lui. Vous devez faire ce que vous avez envie de faire, et ce que vous pensez être la bonne chose à faire. Les gens qui sont fans de votre travail aimeront ce que vous faites du moment que vous restez vrai envers vous-même. Vous risquez de gros ennuis dès lors que vous commencez à trop vous préoccuper de ce que les gens vont penser, parce que vous entrez dans cet étrange cycle d’auto-censure. Vous êtes peut-être en train de faire quelque chose d’intéressant, de différent et d’unique, mais vous devenez trop soucieux de ce que les gens vont penser, et vous vous censurez.

Remplacez jeu par livre, film, etc, et le propos sera le même.
Et, vous vous en doutez sans doute au vu de mes opinions sur divers sujets, je rejoins à 110% Ron Gilbert.

Un auteur a une vision, une histoire à raconter. Certes, elle peut ne pas plaire à tout le monde, tout comme le cheminement employé. Mais un travail créatif ne consiste pas à se demander ce qui plaira à tout le monde. Il consiste à se demander ce qui doit être fait pour que l’histoire atteigne la qualité qu’on lui rêve et pour qu’elle emmène ses lecteurs/joueurs/spectateurs. Libre à eux ensuite de se faire une opinion et un ressenti, bien sûr, mais de là à exiger une réécriture… Le pire étant quand l’auteur y cède.
Autant dire qu’il fait fi là de toute intégrité créative et va juste, disons-le franchement, faire la pute pour que le public lui dise « c’est trop bien, c’est ce qu’on aime ».

Bien sûr qu’un auteur, quel que soit son domaine, veut séduire son public. Mais ce même public n’a pas à ingérer dans son processus créatif, ce n’est pas là son travail. Un auteur doit être conscient qu’il s’expose à la critique, mais cette critique ne doit pas se transformer en remise en cause du travail.
L’auteur est seul maître de l’histoire, qu’elle plaise ou non est à l’appréciation du public, mais elle n’a pas à être réécrite, ceci revenant à renier toute sa création.

23 juillet, 2012 à 20:55 | Commentaires (1) | Permalien


La Prophétie des Cinq Tribus, tome 1 : Prologue

Le nouveau prologue pour La Prophétie des Cinq Tribus, retravail à prévoir plus tard =)

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Les torches des soldats éclairaient de façon diffuse les anciens tunnels qu’ils parcouraient. Il y faisait froid et humide, et les vieilles histoires envahissaient leur esprit. Légendes et malédictions ont fait l’histoire de l’ancienne civilisation des Neïvehrins, de ses débuts à sa chute, et nul n’osait s’approcher des ruines de leurs villes, de crainte d’attiser leur courroux par-delà les limbes de la mort. Mais les cinq soldats n’avaient pas le choix, malgré la peur, ils devaient parcourir les ruines et les tunnels, en quête d’une ancienne relique, et laisser leurs craintes de côté. Mais il était difficile de rester calme…

Mais qu’est-ce qu’on fout là, bon sang ? Je suis sûr qu’il n’y a rien, là-dedans, à part des fantômes et des malédictions ! Barrons-nous pendant que c’est encore possible, et tant pis pour les ordres, merde !

Les autres membres du groupe s’arrêtèrent avant de se retourner vers celui qui prononça ses mots, encore nerveux et le front couvert de sueur. Même sous le coup de la peur, l’insubordination est sévèrement punie, parfois même de mort. Le soldat déglutit légèrement en voyant son officier s’approcher, mais celui-ci ne leva même pas la main, et se mit à parler d’un ton calme, monocorde, ce qui était en soi presque plus inquiétant qu’une réaction violente.

Tu veux t’en aller ? Très bien, file, je ne te retiendrai pas. Si tu es prêt à défier à la fois les malédictions des Neïvehrins et la colère du Saint Empereur, n’hésite pas… Car, oui, si tu réussis à sortir, je ferai mon rapport sans rien omettre de ce qu’il vient de se dire là, et je peux te garantir que je ferai moi-même l’annonce de la mise à prix de ta tête pour trahison. Si c’est vraiment là ce que tu veux, alors, vas-y, fuis.

Un sourire narquois sembla alors se dessiner sous la barbe du meneur qui, tournant le dos à son subordonné, reprit sa marche en faisant signe aux autres de le suivre. Après quelques secondes, le soldat qui voulait fuir reprit la marche à son tour, soulevant de fines couches de poussière alors qu’il rattrapait son groupe. Les cinq soldats continuaient d’explorer les obscurs tunnels souterrains de l’ancienne cité de Neïvhar, à la lueur de leurs torches. Seules leurs ombres se détachaient sur les murs, mêlées aux antiques inscriptions. Si la langue des Neïvehrins n’était plus utilisée depuis longtemps, elle avait été suffisamment étudiée par les Maïstras et transmise à quiconque avait les moyens de s’offrir leur enseignement pour être comprise d’une assez bonne partie de la population. L’officier en charge du groupe avait vu ses parents dépenser une petite fortune en pièces d’or pour cet enseignement et lisait les inscriptions à mesure qu’il avançait.

« Rien à retirer d’intéressant, pensa-t-il, uniquement des fragments d’Histoire déjà connus, rien qui puisse aider dans nos recherches… ». Le groupe avançait encore et encore à travers les souterrains, et l’angoisse grandissait à mesure que l’expédition durait. L’obscurité et les ombres prenaient une tournure inquiétante et chaque courant d’air semblait être le souffle d’une créature spectrale prête à emmener chacun des soldats. Après de longues minutes de marche, la troupe arriva dans une salle circulaire imposante, assez vide, nimbée d’une douce lumière bleutée qui venait des flammes azur des torches. Au centre se trouvait, seul, un pilier qui n’atteignait pas le plafond et sur lequel on voyait, à hauteur d’homme, une cache de cristal recelant un artefact inconnu. Les soldats s’approchèrent lentement en admirant la salle et les inscriptions sur les murs et le pilier. Les Neïvehrins semblaient encore veiller sur leur ville à travers les effigies que l’on pouvait voir au mur, entre deux séries d’inscriptions.

Enfin, nous y sommes, dit le capitaine du groupe. Brisez-moi ça, l’artefact qu’on cherche est là-dedans.

Ce truc ? Vous êtes sûr de vous ?

Absolument. Détruisez ce cristal. Ensuite, on prend ça et on retourne à Drakenhar faire notre rapport au Saint Empereur.

Un soldat s’avança, une masse à la main, prêt à ouvrir la cache. L’artefact était là, posé dans le pilier, non identifiable et à l’usage inconnu. Long et creux, il était couvert de symboles inconnus et semblait émettre une lueur magique. La masse s’écrasa violemment sur le cristal, qui vola en éclats autour du pilier, libérant une aura d’énergie qui fit frissonner les soldats. Le capitaine s’empara rapidement de la relique avant de se tourner vers son groupe.

On a ce qu’on était venus chercher, on file ! Et vite !

Les soldats commencèrent à courir vers la sortie, alors qu’un grondement puissant se faisait entendre. La peur les submergeait, leurs jambes semblaient toucher à peine le sol. Leur volonté de vivre les poussait à courir le plus vite possible à travers les tunnels, mais le complexe souterrain semblait être devenu une boucle qui se répétait à l’infini et dont ils étaient prisonniers. Aucune issue ne semblait les mener vers la sortie, alors que les grognements se faisaient de plus en plus proches. Des yeux brillaient dans l’obscurité, terrifiant les soldats qui s’écroulaient un à un, jusqu’à ce que tous soient eu sol et que ne subsistent que les ténèbres et le froid silence de la mort après que les yeux se soient fermés…

11 avril, 2012 à 10:09 | Commentaires (4) | Permalien


Atelier d’écriture chez Gallimard

Atelier d'écriture chez Gallimard dans Actu atelierAh, l’atelier d’écriture… Un bel outil communautaire au service de ceux qui veulent écrire mais ne savent pas encore comment faire. L’atelier, ça veut dire des retours sur votre texte, mais aussi une analyse plus profonde de l’ensemble, et le tout dans un esprit bon enfant communautaire. Personnellement, je ne pratique pas, il n’y a pas par chez moi (pas que je sache, du moins, mais bon, la distance, de toute façon…), mais je pense que ça serait sympathique, même si j’ai déjà le Net pour tout ça.

Mais ça peut intéresser beaucoup d’autres personnes. Et il semblerait que Gallimard organise un atelier, d’ailleurs ! Huit séances dans une honorable maison d’édition française qui vient de fêter ses cent ans, avec, au menu :

¤Des ateliers d’écriture donnés au sein d’une maison qui vient de fêter ses 100 ans et animés par des écrivains passionnés par l’idée de la transmission.

¤Ouverts à tous ceux qui désirent découvrir le plaisir de l’écriture ou souhaitent l’approfondir.

¤Abordant chacun à leur façon une problématique particulière du travail littéraire : écriture poétique, techniques de la narration ou du dialogue, pratique des débuts, contraintes et spécificités du récit pour la jeunesse…

¤Une organisation des séances et un contenu propre à chaque animateur, afin d’entrer dans l’univers d’un écrivain à l’œuvre, de découvrir ses techniques de travail et d’y confronter sa propre pratique.

Infos et inscription directement aux ateliers de la NRF.

Bref, très beau, n’est-ce pas ? Sachez qu’il n’y aura que 15 heureux élus, choisis sur questionnaire, pour ce premier atelier dans une maison d’édition. Et que ceux-ci devront s’acquitter d’une petite somme pour participer.
Car, oui, l’atelier sera accessible pour la modique et raisonnable somme de… de… Pardon, j’ai mal lu, là, je crois… COMBIEN ??

Ah oui, après lecture et relecture, 1500€ pour l’accès. Un salaire, quoi. Tout le monde a 1500€ à dépenser, voyons, voyons… Non ?

Bref, on ne s’en fait pas trop, chez Gallimard, je vous laisse calculer le montant final de tous les participants. Enfin, moi, je veux bien, hein… Mais, à ce tarif, je demande, non, J’EXIGE une publication et un retour sur investissement à hauteur de 3000€ dès que j’ai plié quelque chose de publiable, non mais !!!

Bref, je ne saurais que trop conseiller d’éviter, le Net et les forums sont gratuits, et il existe des ateliers plus accessibles un peu partout, hein…

Atelier d’écriture en mai chez Gallimard

9 mars, 2012 à 11:37 | Commentaires (1) | Permalien


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