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Deus Ex Machina

Deus Ex Machina dans Philo de comptoir et réflexions sur l'écriture godman_2061Ah, le Deus ex Machina… Un classique indémodable, pour certains, mais surtout une facilité scénaristique épouvantable. L’image d’illustration résume parfaitement l’idée, en plus d’illustrer une définition à la base.

On va commencer par traduire. Deus ex Machina, c’est le Dieu sorti de la Machine. Et c’est exactement le principe de ce qu’on désigne par ce terme. Pour faire simple, imaginez un héros seul contre mille, adossé à une falaise, sans aucun moyen de s’en sortir ni qui que ce soit à proximité, et qui se voit subitement offrir une corde par un personnage qui passait là, tranquille, par hasard, et n’avait jusqu’alors absolument AUCUN rôle dans l’histoire.
Voilà un superbe exemple de Deus ex Machina. Et c’est encore mieux si ce nouveau personnage disparaît aussitôt son sauvetage miraculeux accompli.

Bref, le Deus ex Machina, c’est le lapin qui sort du chapeau, le « C’est magique, ta gueule ! » du mauvais maître de jeu, la facilité scénaristique vide de sens qui fait faire un facepalm à tout le monde. Sauf dans certains cas.

Hé oui, je ne fais pas que râler, je sais, c’est un exploit ^^
Donc, pour faire simple, il n’est pas interdit de vous servir d’un bon gros Deus ex Machina pour introduire un nouveau personnage, quitte à garder son éventuel background pour plus tard, tant qu’il a une raison d’apparaître comme il le fait.

Exemple simple : Les Tuniques Bleues. Plus précisément le 19e album, Le David.
Ici, Blutch et Chesterfield se retrouvent à devoir infiltrer l’armée confédérée pour faire la lumière sur la masse de navires de l’Union coulés. Assez tôt, ils se trouvent en mauvaise posture et le général Lee intervient, comme ça, de nulle part, pour les sortir de là (malgré lui) en renvoyant le soldat à son poste.
Ceci apparaît donc comme un Deus ex Machina : le plus haut gradé de l’armée de la Confédération arrive et sauve les héros qui continuent leur mission. Sauf que ça ne s’arrête pas là.
Lee réapparaît en effet plusieurs fois par la suite, ce qui s’explique par un fait simple et implicite, non dit directement : étant le général en chef de l’armée, le plus haut gradé, il est tout à fait logique qu’il soit directement impliqué dans le projet secret mené par les Sudistes dans cet album.
Voilà, tout simplement. Quelque part, ça reste une facilité, mais on constate rapidement la logique de l’ensemble.

Donc, pour faire simple, le Deus ex Machina n’est pas un tabou à ne jamais utiliser, ou à réserver aux mauvais auteurs. Utilisé avec parcimonie (oui, quand même, un ou deux dans l’histoire, ça passe, un par paragraphe, nettement moins…) et de façon certes facile mais logique dans le contexte de l’histoire, ça passe assez bien et ne sera pas reproché ;)

30 mai, 2013 à 18:21


3 Commentaires pour “Deus Ex Machina”


  1. Aranae écrit:

    Hé hé ! Combien de fois j’ai vu mes MJ utiliser ce principe et me répondre « Ta gueule c’est magique »… Mais c’est vrai que bien utilisé, ça passe. Sinon… C’est HORRIBLE !

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  2. john peter écrit:

    génial, j’aime vraiment bien. C’est très bien expliqué, sympa la bulle aussi!

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  3. Anthony écrit:

    Merci, ça fait plaisir ^^

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